Italie : Silvio Berlusconi refuse une expertise psychiatrique dans un procès

ENQUETE Des experts devaient évaluer si l’état de santé de l’ancien chef du gouvernement âgé de 84 ans lui interdisait de participer à ce procès

20 Minutes avec AFP
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Silvio Berlusconi, le 29 octobre 2018 à Milan.
Silvio Berlusconi, le 29 octobre 2018 à Milan. — Flavio Lo Scalzo/AGF/SIPA

Considérant cette mesure comme humiliante au vu de ses mérites, l’ancien Premier ministre et homme d’affaires italien Silvio Berlusconi a refusé, dans le cadre d’un procès pénal, de se soumettre à une expertise psychiatrique, ce jeudi.

Un tribunal de Milan avait décidé mercredi soir de donner 45 jours à trois experts, dont une psychiatre, pour évaluer si l’état de santé de l’ancien chef du gouvernement âgé de 84 ans lui interdisait de participer à ce procès, comme l’affirmait son avocat.

« Injuste procès »

« L’hypothèse de me soumettre à une expertise psychiatrique large et illimitée de la part du tribunal démontre, au vu de ce que j’ai fait dans la vie dans de nombreux secteurs dont l’entreprise, le sport et la politique, un évident préjugé à mon égard qui me fait facilement comprendre quelle sera l’issue de cet injuste procès », écrit Silvio Berlusconi dans une lettre au président du tribunal, citée par les médias.

Ce procès, intitulé Ruby-ter, est l’énième volet du scandale « Rubygate » et des fameuses soirées « bunga-bunga » que Silvio Berlusconi organisait avec des jeunes femmes, rétribuées, dans sa luxueuse villa des environs de Milan (nord). Dans cette affaire, Silvio Berlusconi et 28 autres personnes sont poursuivis pour subornation de témoin et faux témoignages.

Report de plusieurs audiences

Ce procès porte d’une manière générale sur les versements effectués par Silvio Berlusconi à diverses personnes, jeunes femmes et musiciens ayant participé à ses soirées, en échange de leur silence. L’état de santé du magnat des médias, 85 ans à la fin du mois, qui a fait de nombreux séjours à l’hôpital, entre autres pour des problèmes cardiaques ou le Covid-19, a entraîné le report de plusieurs audiences de ce procès.

« La décision de me soumettre à une expertise, non seulement médico-légale mais aussi psychiatrique, semble en dehors de toute logique et incongrue par rapport à mon histoire et mon présent », poursuit Silvio Berlusconi dans sa lettre. « Je ne peux donc accepter une telle décision qui nuit à mon histoire et mon honneur », a conclu l’ancien Premier ministre demandant la poursuite du procès en son absence.