Californie: Pourquoi les démocrates ne sont pas tranquilles avec le référendum sur le gouverneur Newsom

ETATS-UNIS Dix-huit ans après l'arrivée au pouvoir d'Arnold Schwarzenegger au pouvoir dans des circonstances similaires, les démocrates jouent gros, mardi

P.B. avec AFP
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Le gouverneur de Californie Gavin Newsom en campagne avec le renfort de Joe Biden, le 13 septembre 2021.
Le gouverneur de Californie Gavin Newsom en campagne avec le renfort de Joe Biden, le 13 septembre 2021. — AFP

Ce n’est que la quatrième fois de l’histoire que cela se produit. Mardi, c’est l’heure de la « recall election », le référendum qui va décider de l’avenir du gouverneur de Californie Gavin Newsom. Et s’il a, en théorie, une petite marge de sécurité, les démocrates ne sont pas tranquilles : il y a dix-huit ans, c’est dans des circonstances similaires qu’Arnold Schwarzenegger était arrivé au pouvoir.

Pourquoi ce référendum a-t-il lieu ?

C’est dû à une obscure loi de 1911. Cette procédure de rappel permet aux mécontents d’organiser un référendum pour tenter d’écarter un gouverneur (ou un autre élu) s’ils recueillent suffisamment de signatures. Cela s’est produit deux fois en Californie, et quatre aux Etats-Unis. Dans un paysage politique américain plus polarisé que jamais, ce n’est pas très compliqué, avec 1,5 million de voix nécessaires pour forcer un référendum sur 22 millions d’électeurs.

Pourquoi Gavin Newsom est-il contesté ?

Gestion de la crise du Covid-19, confinement, débat sur le port du masque et plus récemment polémique sur le nettoyage des forêts, en pleine saison des incendies… Les sujets de désaccord ne manquent pas. Largement élu en 2018, l’ancien maire de San Francisco Gavin Newsom a commis quelques fâcheux impairs. Notamment un dîner dans un luxueux restaurant de la Napa Valley avec la famille d’un lobbyiste à l’automne 2020 en pleine pandémie, alors même qu’il demandait à ses concitoyens d’éviter les rassemblements.

Qui sont les prétendants ?

Ils sont 46 sur les rangs. Dans le détail, 24 d’entre eux sont des républicains déclarés, neuf démocrates, dix non inscrits, deux membres des Verts et un libertarien. Si Caitlyn Jenner a fait parler d’elle, c’est l’animateur radio conservateur Larry Elder qui est loin devant, malgré des accusations de violence d’une ex-compagne, avec 30 % d’intention de vote, contre 6 % pour le suivant. Et si une majorité de Californiens votent pour rappeler Gavin Newsom, il suffit à un candidat d’arriver en tête pour être élu.

L’avertissement d’Arnold Schwarzenegger

L’ex- « governator » a récemment assuré que le climat de mécontentement lui rappelait les conditions qui lui avaient permis d’être élu en 2003. Mais elles sont loin d’être identiques : le gouverneur démocrate de l’époque, Gray Davis, était au fond du trou, avec une cote de popularité sous les 30 %, contre plus de 50 % à Newsom. Et surtout, en dix-huit ans, le parti républicain a reculé de 9 points.

Pourquoi les démocrates sont nerveux, y compris au Sénat à Washington ?

Dans les sondages, Gavin Newsom compte une marge de 6 points d’avance sur la barre des 50 %, selon la moyenne compilée par le site Five Thirty Eight. Mais les études pour les référendums sont loin d’être fiables : en 2009, ils avaient sous-estimé le « non » de 9 points.

A un an des élections de la mi-mandat, les démocrates ont deux raisons d’être nerveux. Une victoire placerait les républicains dans une dynamique positive. Et surtout, si la sénatrice Diane Feinstein, âgée de 88 ans, était forcée de prendre sa retraite avant la fin de son mandat (ou si elle décédait), c’est le gouverneur qui est chargé de nommer un remplaçant, en attendant qu’une élection ait lieu l’année suivante. Dans un tel scénario, les démocrates, qui n’ont que 50 sièges sur 100, avec Kamala Harris en renfort pour départager un vote en cas d’égalité, risqueraient de perdre leur majorité. De quoi expliquer le renfort de la cavalerie dans la dernière ligne droite, avec des déplacements de Kamala Harris la semaine dernière et de Joe Biden ce lundi.