La Californie veut rendre illégal le retrait du préservatif sans consentement

VOTE Dans le monde, 12 % des femmes de 21 à 30 ans ont été victimes de cette pratique en 2019, selon une étude

20 Minutes avec agence
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Le drapeau américain (illustration).
Le drapeau américain (illustration). — Pixabay / Capri23auto

La Californie ( Etats-Unis) pourrait prochainement devenir le premier Etat américain à rendre illégal le stealthing, le retrait du préservatif à l’insu du ou de la partenaire au cours d’une relation sexuelle. Les membres du parlement local ont voté un texte allant en ce sens, qui est désormais entre les mains du gouverneur Gavin Newsom, rapporte le New York Times.

En cas de validation par ce dernier, la loi ferait entrer cette pratique dans la catégorie juridique des « agressions sexuelles ». Elle amenderait également le Code civil californien pour que les victimes de stealthing puissent poursuivre en justice la personne qu’elles accusent et leur réclamer des dommages et intérêts. Même reconnus coupables, les auteurs des faits ne pourraient néanmoins pas être condamnés à des peines de prison.

« Le stealthing n’est pas seulement immoral mais aussi illégal »

Le projet de loi « indique clairement que le stealthing […] n’est pas seulement immoral mais aussi illégal », s’est félicitée la parlementaire locale Californie Cristina Garcia, à l’origine du texte. Une étude publiée en 2018 a montré que dans le monde, une femme sur trois et un homme sur cinq avaient subi un rapport sexuel non-protégé sans leur accord. L’année suivante, un autre article scientifique a affirmé que 12 % des femmes de 21 à 30 ans avaient été victimes de la pratique.

Cristina Garcia a mis en avant les troubles psychologiques et physiques développés sur le long terme par les personnes concernées. Jusqu’alors, les individus portant plainte pour un acte de stealthing voyaient rarement leur agresseur comparaître devant la justice. Il s’est en effet souvent révélé difficile de prouver que les mis en cause avaient agi intentionnellement. Des lois interdisant cette pratique avaient déjà été proposées par le passé dans les Etats de New York et du Wisconsin. Elles n’avaient cependant pas été adoptées.