Tunisie : Un homme meurt en s’immolant par le feu en plein centre-ville de Tunis

DESESPOIR Aucune information n’a pu être obtenue sur sa situation personnelle ou ses motivations

20 Minutes avec AFP
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Des manifestants devant le Parlement de Tunis, en juillet 2021.
Des manifestants devant le Parlement de Tunis, en juillet 2021. — FETHI BELAID

Son geste rappelle celui du travailleur précaire qui avait été le déclencheur de la révolution de 2011. Un homme s’est immolé par le feu en plein centre-ville de Tunis ​ce samedi. Cet homme de 35 ans a fait son acte « sur l’avenue Habib Bourguiba, il a des brûlures au troisième degré et on l’a transféré rapidement à l’hôpital pour grands brûlés », a indiqué la Protection civile.

En soirée, les médias locaux dont la télévision d’Etat ont indiqué que l’homme avait succombé aux nombreuses blessures subies, précisant que les motivations de son acte n’étaient pas connues. Il avait été transporté à l’hôpital de Ben Arous, à Tunis.

Les passants tentent de le secourir

Selon un témoin interrogé par l’AFP sous couvert d’anonymat, l’homme est arrivé sur l’avenue qui traverse le centre de Tunis, accompagné d’un autre, plus jeune. Ils ont tenté d’attirer l’attention de journalistes qui se trouvaient là et le plus âgé a ensuite sorti une bouteille remplie d’un produit inflammable, s’en est aspergé et y a mis le feu avec un briquet, selon ce témoin.

Des passants ont tenté de s’emparer du briquet mais l’homme s’est mis à courir au milieu des terrasses de cafés très fréquentées. Il a été secouru par des personnes qui ont essayé d’éteindre le feu avec les moyens du bord, avant l’intervention des pompiers. La police a mis en place des barrières derrière lesquelles une journaliste de l’AFP a pu voir les baskets calcinées de l’homme, quelques minutes après son immolation.

Deux immolations en une semaine

Ce geste fait donc écho à celui de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant de 26 ans qui s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010, déclenchant la révolution tunisienne qui a mis fin au règne du président Zine el Abidine Ben Ali et donnant le coup d’envoi aux révoltes des  Printemps arabe dans d’autres pays de la région.

Samedi dernier, Neji Hefiane, un jeune homme de 26 ans blessé lors de la Révolution de 2011, est mort après s’être immolé par le feu deux jours plus tôt sous les yeux de sa famille dans une banlieue populaire de Tunis, a annoncé sa famille lundi. Sans travail, il avait en théorie droit à une indemnisation et divers avantages en tant que « blessé » de la révolution.