Attentats du 11-Septembre : L’Amérique rend hommage aux victimes, Biden défend le retrait d’Afghanistan

COMMEMORATIONS La cérémonie d’hommage a commencé à 8h46 (14h46 en France), à l’heure où le premier avion piraté a percuté la tour nord du World Trade Center

20 Minutes avec AFP
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New York rend hommage aux victimes du 11-Septembre pour les 20 ans des attaques.
New York rend hommage aux victimes du 11-Septembre pour les 20 ans des attaques. — Ed Jones

Le silence, vingt ans après le chaos. Les Etats-Unis ont commémoré samedi le 11-Septembre à travers des hommages aux quelque 3.000 personnes tuées il y a vingt ans dans les pires attentats djihadistes de l’Histoire. Une cérémonie très solennelle mais emplie d’émotion s’est d’abord tenue durant quatre heures sous un ciel bleu limpide – comme lors de ce funeste matin du mardi 11 septembre 2001 – au musée mémorial de Manhattan, à New York, là où se dressaient les tours jumelles du World Trade Center détruites par les attaques d’Al-Qaïda.

En présence du président Joe Biden, de ses prédécesseurs Barack Obama et Bill Clinton, une première minute de silence a été observée à 08h46, précisément vingt ans après que le premier avion piraté par le commando islamiste a percuté la tour Nord. A la tribune du mémorial, sous les arbres, Mike Low, qui a perdu sa fille Sara, hôtesse de l’air dans cet avion, a parlé d’un « lieu de mémoire apaisant » construit sur les ruines de « Ground Zero », où s’élèvent aujourd’hui de nouveaux gratte-ciel.

Les noms des disparus

Sur ce site, devant les immenses bassins qui ont remplacé les tours, se sont succédé, comme chaque année pendant des heures, des proches de disparus lisant et évoquant – en larmes, la voix étouffée par l’émotion – les noms et le souvenir des 2.977 personnes mortes sur les trois lieux des attentats (dont 2.753 à New York). La cérémonie de Manhattan a été rythmée par des hommages en musique – à la flûte, au violon ou en chanson – comme avec la star américaine Bruce Springsteen qui a chanté I’ll see you in my dreams à la guitare acoustique.

Des minutes de silence ont été observées pour l’effondrement des deux tours, l’attaque contre le Pentagone près de Washington et le crash d’un des avions dans la campagne de Shanksville, en Pennsylvanie, où se sont également tenues des cérémonies.

Bush et les « forces du mal »

Sur ce champ de Pennsylvanie, où le vol United Airlines 93 s’est écrasé après la résistance héroïque de passagers, l’ancien président républicain George W. Bush, au pouvoir le 11 septembre 2001, a déploré la désunion politique de son pays. « Dans les semaines et les mois qui ont suivi les attentats du 11-Septembre, j’étais fier de diriger un peuple impressionnant, résilient et uni. Si on parle de l’unité de l’Amérique, ces temps semblent lointains », a déclaré le 43e président des Etats-Unis.

« Des forces du mal semblent à l’œuvre », a estimé Bush à propos du climat politique américain, dénonçant « la colère, la peur et le ressentiment ». « Notre nation et notre avenir en commun nous inquiètent », a estimé l’ancien président républicain, qui avait déclenché l’intervention américaine en Afghanistan en représailles au 11-Septembre.

Biden défend le retrait d’Afghanistan

L’actuel locataire de la Maison Blanche, Joe Biden, s’est rendu aussi à la mi-journée à Shanksville. Lors d’un échange dans une caserne de pompiers, il s’est félicité de l’appel à l’union de Georges W. Bush. Il avait plaidé vendredi soir pour « l’unité » des dirigeants et citoyens américains. Sa vice-présidente, Kamala Harris, a martelé le même message à Shanksville. Dans leur ligne de mire, leur prédécesseur Donald Trump, accusé d’avoir prospéré au pouvoir sur les fractures de la politique et de la société américaines. L’homme d’affaires républicain, qui n’a pas renoncé à la politique, a fustigé « l’incompétence » de l’administration Biden pour le retrait militaire américain d’Afghanistan qu’il a qualifié « d’horrible ».

Mais Joe Biden a défendu sa décision de retirer les troupes. « Est-ce qu’Al-Qaïda pourrait revenir ? Oui, mais je vais vous le dire, ils sont déjà de retour dans d’autres endroits », a-t-il dit aux journalistes à Shanksville. « Quelle est la stratégie ? Nous devons envahir tous les endroits où se trouve Al-Qaïda et y laisser nos troupes ? Soyons sérieux », a-t-il ajouté. Il s’est ensuite rendu au Pentagone, près de Washington, où 184 personnes avait péri, dernière étape de cette journée de commémorations.