une planète bleue en eaux troubles

Alice Robinet

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Plus de 20 000 personnes de 180 pays sont réunies depuis lundi au 5e Forum mondial de l'eau, à Istanbul. Le constat est alarmant : la croissance démographique, l'évolution des modes de consommation alimentaire et les besoins accrus en énergie font peser sur l'eau une pression croissante. Dans un rapport publié il y a quelques jours, l'ONU a lancé une mise en garde sans équivoque sur ces « crises de l'eau » qui risquent de « s'aggraver et de converger ». Sans compter le spectre du changement climatique, qui alourdit un tableau déjà sombre. Le président turc, Abdullah Gül, a rappelé que « des milliers d'enfants meurent chaque jour en raison de complications liées à la consommation d'eau non potable » et a jugé que l'eau devait être une priorité « au plus haut niveau politique ».

L'absence ou la mauvaise qualité de l'eau est la première cause de mortalité au monde. Près d'un milliard d'individus n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui provoque la mort de 2,2 millions de personnes chaque année. Environ 70 % de la surface de la terre est recouverte d'eau, dont 97,5 % est salée. Bien qu'infime, la quantité d'eau douce devrait pouvoir satisfaire tous les besoins humains. Le problème, c'est qu'elle est très inégalement répartie et que, parallèlement, la demande explose. La population mondiale, qui s'élève aujourd'hui à 6,5 milliards d'habitants, devrait dépasser les 9 milliards en 2050. A ce rythme, la demande devrait augmenter de 64 milliards de m3 par an, estime l'ONU. Cette augmentation des besoins entraîne une surexploitation des sources et risque, à terme, de provoquer leur disparition. Face à ce constat inquiétant, le Forum mondial de l'eau a mis en garde contre des pratiques « inconséquentes » telles que les consommations « extravagantes » ou les gaspillages. Jusqu'à dimanche, il tentera de trouver des solutions à ce défi majeur du XXIe siècle. A défaut d'aboutir à des engagements politiques contraignants. ■