Législatives au Maroc : Déroute totale des islamistes modérés au pouvoir

REVERS Le Parti de la justice et du développement pensait diriger le pays pour un 3e mandat consécutif. Mais il s’effondre passant de 125 sièges à 12

20 Minutes avec AFP
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Un bureau de vote à Casablanca le 8 septembre 2021.
Un bureau de vote à Casablanca le 8 septembre 2021. — Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

La défaite est cinglante. Le parti islamiste modéré PJD, à la tête du gouvernement depuis une décennie au Maroc, a subi une spectaculaire déroute, au profit de partis libéraux considérés comme proches du palais royal, lors des élections législatives mercredi. Le taux de participation a atteint 50,35 %.

Le Parti de la justice et du développement s’effondre, passant de 125 sièges dans l’assemblée sortante à 12, a indiqué le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit. Il arrive loin derrière ses principaux rivaux, le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), tous deux de tendance libérale, et le Parti de l’Istiqlal (centre-droit), avec respectivement 97, 82 et 78 (sur 395 députés). Plus ancien parti du pays, l’Istiqlal (Indépendance), de centre-droit, fait un retour remarqué avec un gain de 32 sièges.

Une défaite inattendue

Le RNI, qui appartient à la coalition gouvernementale, est dirigé par un homme d’affaires fortuné, Aziz Akhannouch, décrit comme proche du palais. Et le PAM, principale formation de l’opposition, a été fondé par l’actuel conseiller royal, Fouad Ali El Himma, en 2008 avant qu’il n’en démissionne en 2011.

L’ampleur de la défaite des islamistes est inattendue dans la mesure où, malgré l’absence de sondages, médias et analystes pensaient que le PJD jouerait encore les premières places. Longtemps cantonné dans l’opposition, le parti espérait briguer un troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement.

Le pouvoir dans les mains du roi

Il reviendra au roi Mohammed VI​ de nommer un chef du gouvernement, issu du parti arrivé en tête du scrutin législatif, qui sera chargé de former un exécutif pour un mandat de cinq ans. Il succédera au secrétaire général du PJD, Saad-Eddine El Othmani. Les résultats définitifs devraient être connus ce jeudi.

En 2011, le Maroc s’est doté d’une nouvelle Constitution accordant de larges prérogatives au Parlement et au gouvernement. Toutefois, les décisions et les orientations dans des secteurs clés continuent d’émaner d’initiatives du roi Mohammed VI. Après le scrutin, les partis politiques seront invités à adopter « un pacte » découlant d’un « nouveau modèle de développement », qui préfigure une « nouvelle génération de réformes et de projets », comme l’a promis récemment le roi.