Crash du vol MH17 : Les familles des victimes réclament justice à la Russie

AVIATION En 2014, un avion de la compagnie Malaysian Airlines avait été abattu au dessus de l'Ukraine avec 298 personnes à bord

20 Minutes avec AFP
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Deux avocats de familles de victimes du crash du vol MH17 arrivent au procès à Amsterdam, lundi 6 septembre 2021.
Deux avocats de familles de victimes du crash du vol MH17 arrivent au procès à Amsterdam, lundi 6 septembre 2021. — Peter Dejong/AP/SIPA

Les familles des 298 personnes tuées dans le crash du vol MH17 abattu en 2014 au-dessus de l' Ukraine ont réclamé justice à la Russie, en témoignant ce lundi dans le procès de quatre suspects jugés aux Pays-Bas par contumace.

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été abattu au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais, avaient été tuées.

Moscou nie toute implication

Des proches de victimes ont expliqué aux juges ne pouvoir faire vraiment leur deuil tant que les responsables ne seraient pas jugés.

L'équipe internationale d'enquêteurs, dirigée par les Pays-Bas, a établi en 2018 que l'avion avait été abattu par un missile BUK provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (Sud-Ouest).

Les Pays-Bas et l'Australie ont ouvertement accusé la Russie de la mort de ses ressortissants. Moscou a de son côté toujours nié avec véhémence toute implication dans le crash et a rejeté la faute sur Kiev.

«Ils mentent, nous savons qu'ils mentent, ils savent que nous savons qu'ils mentent»

Ria van der Steen, qui a perdu son père Jan et sa belle-mère Nell, a cité l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008): «ils mentent, nous savons qu'ils mentent, ils savent que nous savons qu'ils mentent. Je suis remplie de sentiments de vengeance, de haine, de colère et de peur», a ajouté celle qui était la première à témoigner parmi les proches des victimes.  «Je sais qu'ils sont morts et que je ne les reverrai pas, mais je ne peux mettre un terme à ce processus d'adieu, certainement jusqu'à ce que ceux qui sont responsables de leur mort soient déclarés coupables pour ce qu'ils ont fait».

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l'Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l'Est de l'Ukraine, sont poursuivis par le parquet néerlandais pour meurtre. Seul Poulatov a un représentant légal.

L'Australienne Vanessa Rizk dont les parents Albert et Maree avaient pris ce vol au retour de vacances en Europe, les responsables «méritent d'être punis pour leurs actes de haine». «Comment les auteurs se sentiraient-ils s'il s'agissait de leurs proches? Comment [le président russe Vladimir] Poutine et son gouvernement russe corrompu répondraient-ils à cela?», a-t-elle lancé, en liaison vidéo depuis l'Australie.

Son frère James lui a fait écho en disant que ses parents avaient été les victimes d'un conflit qui ne les concernait pas. «La désinformation de la Russie, le manque d'implication de la Russie et ses démentis me sidèrent», a-t-il dit.

Environ 90 proches des victimes, tant néerlandaises qu'australiennes ou malaisiennes, doivent s'exprimer devant le tribunal les jours prochains. Le juge principal, Hendrik Steenhuis, a retenu le 22 septembre 2022 comme date possible pour le verdict mais a également donné d'autres dates en novembre et décembre de cette année-là.