Attentats du 11-Septembre : « Tout le monde allait vers les télés au supermarché », « Notre instit nous l’a annoncé »… Les attaques vues depuis la France

TERRORISME Vingt ans après, tout le monde garde en mémoire, en France, l’attentat perpétré le 11 septembre 2001 au World Trade Center de New York

Léa Ménard
Des habitants de Manhattan le 11 septembre 2001, juste après les attaques.
Des habitants de Manhattan le 11 septembre 2001, juste après les attaques. — Frances M. Roberts
  • Le 11 septembre 2001, la France se fige en milieu d’après-midi, scotchée aux écrans de télévision pour voir l’inimaginable.
  • Les terroristes d’al-Qaïda viennent de frapper le World Trade Center, à New York.
  • La sidération, la peur… Vingt ans après, nos internautes racontent leurs souvenirs encore très nets de cette journée noire, alors que certains n’étaient encore que des enfants.

Des traces indélébiles, même vingt ans après. Le 11 septembre 2001, les attentats perpétrés par al-Qaïda contre les tours du World Trade Center et au Pentagone plonge le monde dans l’effroi. Une journée banale qui bascule dans l’inimaginable en milieu d’après-midi en France, à l’heure où l’Amérique s’éveille. A l’époque, pas de notifications sur smartphone ou de tweets affolés. C’est donc à travers les ondes que beaucoup apprennent la nouvelle.

Pour Nathalie, c’est en rentrant en voiture de la fac, en allumant Fun Radio. « J’entends parler de l’événement et je réalise à quel point c’est important… Car c’est Arthur, la déconne incarnée, qui en parle ! », raconte-t-elle à 20 Minutes. Arrivée à la maison, elle allume « illico la télé », et aperçoit la première tour s’effondrer. « Je suis abasourdie, sidérée jusqu’à la fin. Défenestration, effondrement, chaos… Le monde a changé devant moi. » Un sentiment partagé par Fannie. A ce moment-là, elle travaille dans une librairie. Et est rapidement prévenue par un voisin commerçant, vendeur de  télévisions. « Le patron est venu nous voir en courant pour nous dire ce qu’il était en train de se passer. On est tous allé dans sa boutique. » La jeune femme regarde alors les images du drame « sans rien comprendre ». Une journée qui la marquera « à tout jamais ».

« Tout le monde se dirigeait vers les écrans »

La télé, justement, joue un rôle central dans ce mardi noir. Car si les chaînes bousculent leurs programmes, dans certains commerces, en plein après-midi, les rayons des téléviseurs deviennent des points de ralliements. Présente dans une grande surface, Geneviève se souvient que « tout le monde se dirigeait devant les écrans de télévision ». La mère de famille téléphone à ses enfants, imaginant qu’une nouvelle guerre mondiale se prépare. « J’ai pleuré. Quelle horreur de voir ces images et d’imaginer ce désastre humain sous nos yeux. » Bouleversée, elle ne terminera pas ses courses.

Le 11-Septembre, Romuald s’en souvient « comme si c’était hier ». Lui aussi est au supermarché. En apercevant les écrans du rayon des téléviseurs, il pense qu’il s’agit d’un film catastrophe. « En me disant que c’était impressionnant comme scène. » Ce n’est que lorsqu’il s’apprête à régler ses achats que la caissière l’interpelle. « Vous avez vu ce qu’il se passe à New York ? C’est affreux… » Romuald fait rapidement le lien, mais ne sait pas quoi lui répondre. Il poursuit ensuite sa journée les yeux rivés devant sa télé. Comme beaucoup d’autres. « Je regardais ces images incroyables sur un mur d’écrans », se rappelle Freddy sobrement. Puis il se rend compte que « de plus en plus de personnes » sont à ses côtés. Incrédule, il reste sur place pendant trois heures « sans arriver à partir ».

« Les points noirs, c’étaient les gens qui sautaient par les fenêtres »

De nombreux témoignages que nous avons reçus sont les souvenirs des enfants de l’époque. Le 11 septembre 2001, c’était une journée sans dessins animés à la sortie de l’école, se remémore Gwenaëlle, en CM1 cette année-là. Elle a également en mémoire « des informations qui arrivaient au compte-gouttes » dans les médias. Dylan, lui, apprend l’attaque terroriste alors qu’il est encore en classe. « Notre instituteur nous a annoncé les événements et a allumé le poste de télévision. C’était un moment d’Histoire, selon lui », se rappelle celui qui était en CE2. « Nous étions si jeunes… ».

Cléo avait seulement 4 ans, mais conserve quelques souvenirs des images. « Je regardais les nuages de fumée… Ma mère était dans tous ses états. Je sentais que c’était grave. » Elle finit par faire quitter le salon à Cléo et sa sœur aînée. « Elle a refermé brutalement la porte. J’ai appris plus tard que c’est parce qu’elle avait réalisé que les points noirs (près des tours jumelles), c’étaient les gens qui sautaient par les fenêtres ».

« Des gens qui sautaient par les fenêtres »

Ces images insoutenables, Benjamin s’en souvient très bien. Il a alors 24 ans. « Ce jour-là, j’ai clairement eu la conviction qu’il se passait quelque chose de grave, profond, qui allait marquer un tournant majeur dans l’Histoire du monde », explique-t-il. Il est à Paris et travaille dans un cabinet de recrutement. Apprenant la nouvelle, lui et ses collègues se ruent « sur l’unique PC connecté à Internet du bureau ». Et sont tous saisis par « un fort sentiment d’angoisse. Nous étions les spectateurs impuissants d’un drame inimaginable et presque irréel, qui se produisait à la fois si loin et si proche de nous. »

En découvrant les événements après sa journée au collège, Valentine a la sensation qu’elle et sa famille s’apprêtent à vivre la Troisième Guerre mondiale. « Nous nous sommes retrouvés chez mes grands-parents et avons regardé les infos toute la soirée pour tenter de comprendre ce que nous étions en train de vivre. » Sans compter l’inquiétude de ne pouvoir joindre leurs proches vivant à proximité du World Trade Center. Par chance, ils ont été épargnés. « C’était une soirée de l’horreur… ». Enfin, pour certains, le 11 septembre 2001 reste « gravé à vie », mais pas que dans l’angoisse. « J’étais chez le médecin, raconte Sandrine. Je venais d’apprendre que j’étais enceinte après plusieurs tentatives… D’un côté, j’étais heureuse, et d’un autre, j’étais triste pour toutes les familles en deuil ». .