Afghanistan : Vladimir Poutine espère que les talibans deviendront des gens « civilisés »

DIPLOMATIE Le président russe entend entretenir des relations normales avec Kaboul

M.F avec AFP
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Les talibans ont publié une photo et une vidéo montrant leurs forces spéciales à Kaboul, en Afghanistan, le 2 septembre 2021.
Les talibans ont publié une photo et une vidéo montrant leurs forces spéciales à Kaboul, en Afghanistan, le 2 septembre 2021. — EPN/Newscom/SIPA

« Plus vite les talibans entreront dans la famille des peuples civilisés, plus il sera facile de maintenir des contacts, de communiquer » avec eux a déclaré vendredi Vladimir Poutine à propos des nouveaux chefs de l'Afghanistan. Le président russe espère ainsi pouvoir les « influencer d’une manière ou d’une autre » et leur « poser des questions ». Il a enfin prôné à ce titre des « relations civilisées » et le « respect de règles civilisées ».

Le précédent régime taliban, jusqu’à sa chute en 2001 après l’intervention américaine à la suite des attentats de 11 septembre, s’est rendu coupable de terribles exactions et d'une politique de répression des femmes qu’il justifiait par la loi islamique. « La Russie n’a aucun intérêt à une désintégration de l’Afghanistan, si cela arrivait il n’y aurait plus personne à qui parler », a en outre noté le président russe.

La Russie conciliante vis-à-vis des talibans

S’exprimant lors du Forum économique de l’Est à Vladivostok, en Extrême-Orient russe, Vladimir Poutine a blâmé les Etats-Unis pour la « catastrophe » en cours en Afghanistan. « Ils ont dépensé 1.500 milliards de dollars et quel est le résultat ? Il n'y en a pas », a-t-il lancé.

Les autorités russes ont adopté ces dernières semaines une attitude assez conciliante à l’égard des talibans, constatant leur victoire tout en les appelant à un « dialogue national » pour former un gouvernement représentatif. Moscou considère en revanche toujours le groupe comme « terroriste », même si la Russie dialogue depuis des années avec lui.

Les autorités russes sont avant tout inquiètes pour la sécurité des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, limitrophes de l’Afghanistan, et d’y voir émerger de nouveaux groupes djihadistes inspirés des talibans ou soutenu par eux. Le Kremlin veut également éviter un afflux régional de réfugiés ainsi qu’un nouvel essor du trafic d’opium et d’héroïne.