Afghanistan : Des roquettes lancées contre l’aéroport de Kaboul, Daesh revendique l'attaque

CONFLIT Un incident qui intervient alors que les Etats-Unis procèdent à leurs dernières évacuations dans un climat extrêmement tendu

Manon Aublanc
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Des soldats américains à l’aéroport de Kaboul, le 21 août 2021.
Des soldats américains à l’aéroport de Kaboul, le 21 août 2021. — UPI/Newscom/SIPA

Le groupe djihadiste Etat islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué l’attaque aux roquettes contre l’aéroport de Kaboul, survenue ce lundi, à la veille du départ prévu de l’armée américaine en Afghanistan.

« Les soldats du califat ont ciblé l’aéroport international de Kaboul, avec six roquettes », a déclaré le groupe dans un communiqué. Un responsable des talibans sur les lieux a indiqué que cinq roquettes avaient été tirées et qu’elles avaient été interceptées par le système de défense anti-missile de l’aéroport.

« On ne peut plus dormir comme il faut »

Peu après cette attaque, la Maison Blanche a indiqué que les évacuations se poursuivaient « sans interruption ». « Le président (Joe Biden) a été informé que les opérations continuent sans interruption » et « il a reconfirmé aux commandants l’ordre de redoubler d’efforts afin de faire en priorité tout ce qui est nécessaire pour protéger nos forces sur le terrain », a précisé la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki.

Même si ces roquettes ne semblent pas avoir fait de victimes, elles ont encore accentué l’angoisse des habitants vivant à proximité. « Le son des roquettes volant au-dessus de notre maison nous a réveillés. On avait peur », a raconté à l’un d’eux, dénommé Abdullah. « Depuis que les Américains ont pris le contrôle de l’aéroport, on ne peut plus dormir comme il faut. On est sans cesse dérangé par des coups de feu, des roquettes, des sirènes ou de gros avions. »

Près de 115.000 personnes évacuées

Un incident qui intervient alors que les Etats-Unis procèdent à ses dernières évacuations dans un climat extrêmement tendu. L’endroit où ces roquettes ont atterri n’est pas identifié, ni les cibles qu’elles visaient. Il reste 300 Américains au plus à évacuer du pays, a déclaré dimanche le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken. « Nous travaillons sans relâche ces heures-ci et ces jours-ci pour les sortir de là », a-t-il dit sur la chaîne ABC, à 48 heures de la date butoir du retrait américain.

Environ 114.400 personnes dont près de 5.500 citoyens américains ont été évacuées d’Afghanistan par un gigantesque pont aérien depuis le 14 août, à la veille de la prise de Kaboul par les talibans. La dernière phase des opérations d’évacuations a été alourdie par l’attentat de jeudi aux abords de l’aéroport de la capitale afghane, revendiqué par l’Etat islamique au Khorasan (EI-K), qui a fait une centaine de morts, dont 13 militaires américains et deux Britanniques. Joe Biden a accueilli dimanche les dépouilles des 13 défunts sur le tarmac de la base militaire de Dover, dans le Delaware. Le président américain est sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise afghane.

Frappes américaines

En représailles à l’attaque de jeudi, les Etats-Unis ont effectué samedi une frappe de drone dans l’est de l’Afghanistan, tuant deux membres « de haut niveau » de la branche afghane de l’EI et en blessant un troisième, et affirmé que ce ne serait pas « la dernière ». Dimanche, ils ont détruit un véhicule chargé d’explosifs, afin de « supprimer une menace imminente » de l’EI-K contre l’aéroport. Un porte-parole des talibans a confirmé qu’un véhicule piégé avait été détruit alors qu’il se dirigeait vers l’aéroport, et ajouté qu’une probable deuxième frappe avait atteint une maison située à proximité.

Y a-t-il eu des victimes civiles ? « Nous savons qu’il y a eu des explosions importantes et puissantes à la suite de la destruction du véhicule, indiquant la présence d’une grande quantité de matière explosive à l’intérieur, ce qui a pu causer des pertes supplémentaires », a déclaré le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) dimanche soir. « Ce qui s’est passé n’est pas clair, et nous continuons d’enquêter ». Avant la publication de ce communiqué, la chaîne américaine CNN avait affirmé que neuf membres d’une famille, dont six enfants, avaient été tués dans la frappe de dimanche dans la capitale surpeuplée, où des milliers d’Afghans tentent toujours de fuir les talibans.