Irak : Emmanuel Macron au chevet de Mossoul, se pose en allié de toutes les confessions irakiennes

ISLAM Le président français a visité ce vendredi un sanctuaire chiite, une première

J.-L.D. avec AFP
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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Eric Gaillard/AP/SIPA

Emmanuel Macron poursuit son voyage en Irak ce dimanche par la visite de sites en reconstruction à Mossoul, ville dévastée par Daesh, et une rencontre avec les dirigeants du Kurdistan irakien, fer de lance des combats contre cette organisation djihadiste. La France restera en Irak « aussi longtemps que l’Irak le demandera » et « quels que soient les choix américains », a-t-il promis.

Sa visite dans Mossoul, autrefois lieu important du christianisme, sera d’abord l’occasion de renouveler son soutien aux chrétiens d’Orient. Il se rendra sur le site de Notre-Dame de l’Heure, église que l’Unesco est en train de faire reconstruire et y rencontrera les communautés chrétiennes.

Rencontre religieuse avec le Premier ministre irakien

La veille, le président français a participé à un sommet régional à Bagdad, largement consacré à la lutte contre le terrorisme et l’impact de la prise de Kaboul par les talibans après le retrait américain. Première pour un président français, Emmanuel Macron a passé près de deux heures ce vendredi vers minuit dans un célèbre sanctuaire chiite de Bagdad, en compagnie du Premier ministre irakien, Moustafa al-Kazimi, où il a reçu un accueil chaleureux.

Pour marquer sa volonté de s’adresser à toutes les confessions de l’Irak, qui se partagent le pouvoir, il a décidé de se rendre d’abord au sanctuaire d’al-Kadhimiya, lieu de pèlerinage important pour les chiites, qui abrite le mausolée où est enterré le 7e imam duodécimain.

La lutte contre Daesh évoquée

Dans une cohue qui a donné du fil à retordre à leurs deux services d’ordre, Emmanuel Macron et Moustafa al-Kazimi ont visité la salle du mausolée et la bibliothèque, qui abrite des manuscrits anciens. Parmi la délégation française figuraient notamment Jack Lang et Mgr Gollnisch, qui défend les chrétiens d’Orient.

Le président français a été accueilli très chaleureusement par un ayatollah qui lui a raconté l’histoire de la bibliothèque ainsi par des responsables du complexe, qui lui ont rappelé que la lutte contre Daech, à l’appel des chiites, avait mobilisé des Irakiens de toutes confessions.

« Une manière d’apprendre et de comprendre »

Cette visite d’un sanctuaire chiite est « je crois une première pour un président français », a souligné Emmanuel Macron - allusion au fait que la France est traditionnellement alliée des dirigeants sunnites. « C’est un signe de reconnaissance. C’est une manière d’apprendre et de comprendre. Je pense avec humilité que si on veut pouvoir agir utilement dans cette région, il vaut mieux la comprendre, c’est un univers de complexité », a-t-il dit devant des journalistes, en visitant le site.

« Nous venons de faire une conférence importante et la France a à cœur de reconnaître l’ensemble des composantes de ce peuple et demain je serai aux côtés des Dominicains, des sunnites, des yézidies, il était important que je puisse être aussi au côté de la communauté chiite », a-t-il conclu.