Coronavirus : Le renseignement américain divisé sur l’origine du Covid-19, qui n’a sans doute pas été créé « génétiquement »

RAPPORT Une agence estime qu'un accident de laboratoire pourrait avoir causé la première contamination mais quatre autres privilégient l'origine animale

20 Minutes avec AFP
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Dans le laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, le 23 février 2017.
Dans le laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, le 23 février 2017. — AFP

Ce qui est certain, c’est que les origines du SARS-CoV-2 sont loin d’être élucidées. Dans un rapport très attendu, le renseignement américain a affiché ses divisions sur les origines du virus, s’accordant sur le fait qu’il n’a pas été développé « comme arme biologique », et n’a « probablement » pas été conçu « génétiquement ». Si quatre agences privilégient une première contamination animale, une autre penche pour un accident de laboratoire.

Joe Biden, qui avait commandé le rapport, a accusé la Chine de dissimuler des « informations cruciales sur les origines de la pandémie ». Ce rapport classé top secret a été remis cette semaine au président américain, qui avait donné 90 jours aux services de renseignement américains pour « redoubler d’efforts » afin d’expliquer l’origine du Covid-19.

Un accident de laboratoire pas exclu

Les renseignements américains sont toujours divisés entre l’hypothèse d’un premier cas causé par une exposition naturelle à un animal infecté, ou bien ayant résulté d’un accident de laboratoire.

Dans le détail, quatre agences de renseignement et le Conseil national du renseignement estiment avec « un bas degré de confiance » que la thèse animale est la plus « probable ». Ils s’appuient notamment, pour justifier leur verdict, sur « les nombreux vecteurs pour une exposition animale » existants, ainsi que sur l’ignorance par la Chine de l’existence du virus avant son apparition.

« La communauté du renseignement des Etats-Unis juge que les responsables chinois n’avaient pas connaissance en amont du virus avant le début de l’épidémie », est-il en effet écrit dans ce résumé.

Toutefois, une autre agence de renseignement estime au contraire avec « un niveau de confiance modéré » que la thèse d’une fuite de laboratoire est à privilégier, « probablement » via « des expérimentations, la manipulation d’animaux, ou des prélèvements par l’Institut de virologie de Wuhan ».

Enfin, « des analystes de trois agences » ne se prononcent pas entre l’une ou l’autre des hypothèses. Les services de renseignement s’estiment « incapables de prodiguer une explication plus définitive » pour l’origine du Covid-19 sans « de nouvelles informations » fournies par la Chine, écrivent-ils.

« A ce jour, la Chine continue de rejeter les appels à la transparence et de cacher des informations, alors même que le bilan de cette pandémie continue de grimper », a ajouté Joe Biden dans son communiqué.