Emmanuel Macron en déplacement en Irak ce week-end pour un sommet régional

DEPLACEMENT Emmanuel Macron doit rencontrer les dirigeants irakiens et participer à un sommet réunissant les pays voisins, l’Egypte, la Jordanie, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite

20 Minutes avec AFP
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Le président de la République, Emmanuel Macron.
Le président de la République, Emmanuel Macron. — LUDOVIC MARIN / AFP

Deux jours après le double attentat de l’aéroport de Kaboul, le président français, Emmanuel Macron, va se rendre ce week-end en Irak pour participer à un sommet régional, pour soutenir la stabilisation du pays et rappeler le rôle que veut garder Paris dans la région, en particulier dans la lutte contre Daesh.

Au cours de deux jours chargés, il rencontrera à Bagdad les dirigeants irakiens et participera à un sommet réunissant les pays voisins – Egypte, Jordanie, Turquie, Iran, Arabie saoudite. La France en est la « coorganisatrice », selon l’Elysée.

Résurgence de Daech

Le président français, qui s’était rendu brièvement en Irak le 2 septembre 2020, veut « manifester son soutien au rôle pivot de l’Irak, à la lutte contre le terrorisme et au développement du pays, et contribuer à la baisse des tensions », explique la présidence. « Comme au Sahel, il s’agit de notre voisinage et de notre sécurité nationale. La France tient à poursuivre ce combat en Irak et ailleurs pour éviter la résurgence toujours possible de Daesh », a souligné un conseiller. Paris fournit à l’Irak un appui militaire, notamment aérien, avec en moyenne 600 hommes sur place.

Au sommet de Bagdad, le chef de l’Etat français, seul acteur extra-régional, retrouvera son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie. Les présidents turc et iranien ainsi que le roi d’Arabie saoudite ont été conviés mais pourraient envoyer des représentants. Se poser en médiateur est un défi pour l’Irak, où l’Iran exerce sa mainmise et où l’Etat semble toujours impuissant à répondre aux besoins de base de la population. Mais la présence des rivaux saoudiens et iraniens serait déjà un événement.

L’Afghanistan au cœur des discussions

Dans ses entretiens bilatéraux, Emmanuel Macron abordera évidemment la situation en Afghanistan, mais aussi la situation des djihadistes français détenus en Irak ou la question des droits des femmes. Dimanche, le président français se rendra dans la région autonome du Kurdistan, à Erbil, sa capitale, puis à Mossoul, ville ravagée après être restée trois ans aux mains de Daech. A Mossoul, il échangera avec des étudiants ainsi que des « influenceurs », explique l’Elysée, puis manifestera son soutien aux chrétiens d’Orient en visitant l’église Notre-Dame de l’Heure. Il visitera également le chantier de reconstruction de la mosquée sunnite al-Nouri, détruite par Daesh.

A Erbil, avec les autorités du Kurdistan irakien, Emmanuel Macron « rappellera la force du soutien de la France dans lutte antiterroriste ». Il rencontrera également le leader historique kurde Massoud Barzani, pour un hommage aux peshmergas. Dans sa délégation figurent notamment le Prix Nobel de la paix Nadia Murad, icône des yazidies esclaves sexuelles des djihadistes, et l’essayiste Caroline Fourest, militante féministe et pour la laïcité.