Attentat à Kaboul : Joe Biden promet de « pourchasser » les terroristes et de continuer les évacuations

GEOPOLITQUE Daesh a revendiqué l’attentat suicide qui a fait, jeudi près de l’aéroport de Kaboul, des dizaines de morts parmi lesquels 13 soldats américains

P.B. avec AFP
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Joe Biden s'est exprimé après l'attaque terroriste qui a fait au moins 73 morts en Afghanistan le 26 août 2021.
Joe Biden s'est exprimé après l'attaque terroriste qui a fait au moins 73 morts en Afghanistan le 26 août 2021. — /SIPA

C’est la première crise majeure – hors-Covid – de son mandat. Après la double attaque suicide revendiquée par la branche afghane de Daesh (EI au Khorasan, ou Isis-K en anglais) qui a fait des dizaines de morts jeudi à Kaboul, Joe Biden a promis de « pourchasser les terroristes » et de continuer les évacuations jusqu’au 31 août. Mais alors qu’il ne reste que cinq jours avant la date butoir du retrait américain, le président des Etats-Unis a écarté l'idée de déployer des forces supplémentaires, précisant que l’état-major américain ne l’avait pas demandé.

En s’adressant aux auteurs de cette attaque, durant laquelle au moins 13 soldats américains sont décédés [il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre l’armée américaine en Afghanistan depuis 2011], Joe Biden l’a martelé devant les caméras : « Nous ne pardonnerons pas, nous n’oublierons pas. Nous vous pourchasserons et nous vous ferons payer. »

Après un moment de silence, il a rendu hommage aux soldats tués, « des héros (…) engagés dans une mission dangereuse et altruiste pour sauver d’autres vies » et il a fait savoir que les Etats-Unis allaient « poursuivre l’évacuation ». « L’Amérique ne se laissera pas intimider », a-t-il insisté. « Nous ne nous laisserons pas décourager par des terroristes. Nous ne les laisserons pas arrêter notre mission. »

Biden « assume » ses responsabilités

Le nouveau régime taliban, via son porte-parole Zabihullah Mujahid, a « fermement condamné » ces « attentats à la bombe », tout en soulignant qu’ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l’armée américaine. Selon Joe Biden, il n’y a pas, pour l’instant, de « preuve » d’une « collusion » entre les talibans et Daesh, deux groupes aux fortes divergences et qui se sont affrontés ces dernières années, dans l’organisation de cet attentat.

La conférence de presse s’est terminée par un échange tendu entre le président américain et un journaliste de Fox News, qui lui a demandé s’il avait une part de responsabilité dans la mort des 13 soldats américains. Joe Biden lui a répondu qu’il assumait ses responsabilités globales dans l’opération en cours. Mais il a souligné que c’est Donald Trump qui avait négocié le retrait.

Selon le commandant en chef des Etats-Unis, il n’avait que deux options en prenant ses fonctions : organiser le départ des troupes ou en envoyer davantage. Et de conclure : « Il était temps de mettre fin à une guerre de plus de vingt ans. »