G5 Sahel : Le Tchad divise par deux le nombre de ses soldats dans la force commune

ARMEE La France est également en train de réduire ses forces militaires au Sahel en les faisant passer de 5.000 à environ 2.500 hommes

20 Minutes avec AFP
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Des militaires tchadiens lors des célébrations du 61e anniversaire de l’indépendance, à N’Djaména le 11 août 2021.
Des militaires tchadiens lors des célébrations du 61e anniversaire de l’indépendance, à N’Djaména le 11 août 2021. — AFP

La lutte contre les djihadistes aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso se réorganise. Le Tchad a en effet annoncé samedi avoir divisé par deux ses effectifs déployés en février au sein de la force du G5 Sahel dans la « zone des trois frontières ». Outre le Tchad, cette force multinationale concerne le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso.

« On a redéployé au Tchad 600 hommes en accord avec les forces du G5 Sahel. Il s’agit d’un redéploiement stratégique pour s’adapter au mieux à l’organisation des terroristes », a affirmé Abderaman Koulamallah, porte-parole du gouvernement. Un contingent de 1.200 soldats tchadiens y avait été déployé.

Des attaques récurrentes

La zone des « trois frontières » est, avec le centre du Mali, la plus touchée par les attaques djihadistes. Les groupes y sont notamment affiliés à Al-Qaida ou à l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS). La dernière attaque samedi contre un village de cette zone au Niger a fait une dizaine de morts parmi des civils. Lundi, une autre attaque avait fait 37 morts.

« C’est une décision concertée de longue date avec le commandement du G5. On a voulu alléger le dispositif qui n’était pas adapté », a assuré Abderaman Koulamallah. « Par rapport à la situation sur le terrain, il faut avoir une force mobile d’où le retrait de certaines de nos forces avec les armes lourdes », a ajouté le porte-parole du gouvernement selon qui la « volonté politique de faire face aux djihadistes reste intacte ».

Réduction des troupes françaises

La France, très impliquée dans la région, a annoncé récemment la réduction progressive de ses effectifs militaires au Sahel au profit d’un dispositif allégé de 2.500 à 3.000 hommes, contre les quelque 5.000 qui composaient la force Barkhane amenée à disparaître. L’envoi des soldats tchadiens, avant d’être effectif en février, était réclamé depuis plusieurs années par Paris. Le ministère français des Armées a confirmé que la décision tchadienne « a été prise en parfaite concertation avec les partenaires du G5 Sahel ainsi que de la coalition pour le Sahel dont la France ».

Dans la zone des trois frontières, la présence djihadiste s’est greffée sur des tensions qui existent de longue date entre communautés, dont certaines se sont constituées en groupes armés alimentant les violences. Les djihadistes jouent de ces vieilles hostilités, recrutent dans les populations, offrent protection, prélèvent leurs dîmes. Les civils, pris entre deux feux, doivent choisir entre rester et fuir alors que, pour nombre d’entre eux, c’est déjà la guerre qui les a poussés là il y a plusieurs années. Ceux qui restent sont aussi exposés aux bandits, au vol de bétail et aux assassinats. La frontière entre violences communautaires, djihadisme et banditisme est parfois ténue.