Crise en Afghanistan : Joe Biden assume sa décision de retirer les troupes américaines

ALLOCUTION Le président américain Joe Biden s'est exprimé depuis Washington ce lundi soir après la prise de Kaboul, la capitale afghane, par les talibans ce week-end

20 Minutes avec AFP
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Joe Biden affronte sa première grande crise géopolitique
Joe Biden affronte sa première grande crise géopolitique — MANDEL NGAN / AFP
  • Le président américain est sorti de son silence ce lundi soir concernant la crise afghane
  • Il a affirmé assumer sa décision au motif de ne pas faire de l’Afghanistan « le Vietnam de sa jeunesse ».
  • Le but de l’intervention militaire américaine en Afghanistan était de combattre le terrorisme, a-t-il rappelé, pas de construire une démocratie.

L’Afghanistan ne sera pas le Vietnam de sa jeunesse. Joe Biden, le président américain, n’a pas mâché ses mots ce lundi soir pour justifier sa décision de retirer les troupes américaines  d'Afghanistan. Et ce en dépit de la crise en cours. « Je suis très triste de ce qu’il se passe [aujourd’hui en Afghanistan], mais je ne regrette pas ma décision de me retirer et de retirer les troupes américaines d’Afghanistan. Ce n’est pas notre guerre. Ce n’est pas dans notre intérêt ni dans celui de notre sécurité ».

Le président américain est revenu sur ces dernières semaines et sa décision « de mettre à exécution le plan qui avait négocié par l’administration précédente en assumant les conséquences et les risques de cette décision et notamment la chute de Kaboul ». Il a immédiatement reconnu que l’Afghanistan était tombé « plus rapidement que prévu » aux mains des talibans.

« Mais les objectifs de la guerre en Afghanistan en 2001 étaient très clairs : trouver ceux qui nous avaient attaqués le 11 septembre 2001 », a précisé le président américain. « Nous avons réussi à en finir avec Al-Qaida en Afghanistan », a-t-il martelé.

La menace terroriste s’est répandue dans le monde

Les Etats-Unis n’avaient pas pour but de « construire une nation » en Afghanistan, mais de se protéger du terrorisme, a-t-il rappelé.

« Aujourd’hui les menaces terroristes se sont répandues en Syrie, Irak, Somalie. Ces menaces nécessitent que nous déployions plus de ressources dans ces pays, pas que nous dépensions encore des millions de dollars en Afghanistan ».

Le pouvoir afghan n’a pas réussi à sécuriser son pouvoir

« Nous avons donné à L’Afghanistan toutes les possibilités d’assurer leur avenir, mais nous ne pouvions pas plus », a-t-il aussi affirmé.

« Si le gouvernement n’était pas en capacité de négocier pour l’avenir du pays et défendre leur population aujourd’hui, il n’aurait pas non plus été capable de le faire dans quelques années. Ce n’était pas une question de temps ».

« Nous allons défendre les droits des femmes et filles »

« J’ai travaillé sur le dossier afghan pendant des années : je me suis rendu sur place, j’ai parlé avec les gens, j’ai rencontré les troupes. J’ai compris ce qui était possible de faire et ce qui ne l’était pas, a confié Joe Biden sur un ton plus personnel avant d’avancer : maintenant nous allons nous concentrer sur ce qui est possible. Nous allons défendre les droits des femmes et filles, nous allons lutter pour l’éducation, mais nous ne serons plus là militairement ».

« Nous finirons ainsi la guerre la plus longue des Etats-Unis et en dépit de tout le sang qui a coulé, nous devons accepter le fait que l’Afghanistan n’est pas devenu un pays stable du fait de notre intervention ».

Les Etats-Unis, qui ont déployé quelque 6.000 soldats pour sécuriser l’évacuation de dizaines de milliers d’Américains et d’Afghans et assurer la sécurité de l’aéroport de Kaboul, ne transigeront en aucun cas sur la sécurité de leurs ressortissants a aussi rappelé Joe Biden ce lundi soir, promettant la réponse la plus ferme qui soit si jamais les talibans s’en prenaient à des ressortissants américains.