Royaume-Uni : Le port d’armes conditionné à un examen des réseaux sociaux

CONTROLE Jeudi, un jeune homme, qui s’est vu restituer son arme après une suspension, a abattu cinq personnes au Royaume-Uni

20 Minutes avec AFP
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Illustration: port d'arme dissimulée.
Illustration: port d'arme dissimulée. — ALIEN GEAR HOLSTERS

Quelques jours après une fusillade meurtrière dans le sud-ouest de l’Angleterre, la police britannique va contrôler en détail les réseaux sociaux des demandeurs de port d’armes, a annoncé lundi le gouvernement britannique.

Jake Davidson, l’auteur présumé de la fusillade de Plymouth, qui s’est donné la mort après avoir tué cinq personnes jeudi soir, s’était vu en juillet restituer son arme, après avoir eu sa licence suspendue plusieurs mois après une accusation d’agression. Sur ses comptes Facebook et YouTube, il affichait des tendances dépressives et sa sympathie pour la mouvance misogyne « incel » liée à des violences aux Etats-Unis.

« De nouvelles directives »

Le gouvernement britannique a demandé aux forces de police de l’Angleterre et du Pays de Galles de revoir leurs procédures d’attribution et de restitution des permis de port d’armes, ainsi que d’évaluer s’il était nécessaire de revenir sur certains permis déjà délivrés.

« De nouvelles directives » seront données concernant les nouvelles demandes, prévoyant « l’examen des réseaux sociaux », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Selon le chef de la police du Devon et des Cornouailles Shaun Sawyer, cité samedi par le journal The Sun, les officiers ne vérifiaient pas jusqu’ici la vie numérique des personnes à qui ils restituaient leur permis de port d’armes, car cela aurait constitué une atteinte à leur vie privée.

Une enquête de la police des polices

L’IOPC, la police des polices britannique, a ouvert une enquête sur la restitution de l’arme de Jake Davidson, qui examinera le « raisonnement » et les « décisions » de la police locale et le respect des règles. L’organisme n’a pas encore été établi si l’arme restituée est celle qui a été utilisée lors de la fusillade.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le jeune homme de 22 ans est suspecté d’avoir tué jeudi soir à Plymouth, avec une arme décrite par des témoins comme étant un fusil à pompe, sa mère âgée de 51 ans avant de sortir dans la rue et de tuer quatre autres personnes, dont une fillette de trois ans. Il a ensuite retourné l’arme contre lui et s’est donné la mort avant que la police, arrivée sur les lieux six minutes après avoir été appelée, n’ait pu intervenir. Plymouth a observé lundi une minute de silence pour rendre hommage aux victimes.