Darfour: Les ravisseurs des trois humanitaires demandent une rançon

SOUDAN Les otages font partie de la section MSF-Belgique. L'ONG a annoncé qu'elle allait retirer la quasi-totalité de son personnel au Darfour....

MD avec agence

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Des humanitaires de Médecins sans frontières dans une clinique au darfour en octobre 2004.
Des humanitaires de Médecins sans frontières dans une clinique au darfour en octobre 2004. — NIC BOTHMA/EPA/SIPA

Les ravisseurs des trois travailleurs humanitaires occidentaux enlevés au Darfour demandent une rançon, a affirmé ce jeudi le gouverneur du Darfour du Nord, cité par un média soudanais proche des services de renseignement.

Les otages font partie de la section belge de Médecins sans Frontière (MSF). Il s'agit d'un Français, un Canadien et un Italien. Initialement, cinq personnes avaient été enlevées mais deux collaborateurs soudanais de MSF ont été relâchés jeudi dans la matinée, a annoncé l'ONG. Les trois otages sont vivants, a assuré jeudi un responsable soudanais, précisant que Khartoum travaillait à leur libération.

Le Ministère des affaires étrangères a confirmé la présence d'un Français parmi les otages. Cet événement intervient quelques jours après que la cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre le président soudanais.

Forte
inquiétude de l'ONG

MSF a confirmé l'enlèvement des trois personnes à 20minutes.fr. «Nous venons de publier l'information sur notre site Internet en accord avec nos confrères Bleges», a expliqué l'ONG. «Les trois personnes enlevées sont des volontaires internationaux, dont une infirmière canadienne, un médecin italien et un responsable de terrain français. Tous travaillent pour la section belge de MSF.», a-t-on précisé. L'ONG a annoncé qu'elle allait retirer la quasi-totaité de son personnel au Darfour.

«Un groupe d'hommes armés est entré mercredi vers 20 heures» dans les bureaux de MSF-Belgique à Sara Umar, à quelque 200 km à l'ouest d'El-Facher, la capitale du Darfour-Nord, a déclaré Kamal Saïki, porte-parole de la force de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad). «MSF est profondément inquiète pour leur sécurité et met tout en oeuvre pour savoir où ils se trouvent afin d'obtenir leur libération dans les plus brefs délais», ajoute l'organisation non-gouvernementale, qui devait tenir une conférence de presse à Bruxelles en début d'après-midi.

Réunion d'urgence pour MSF-Belgique

«Il s'agit de la première fois, à ma connaissance, que des humanitaires internationaux sont enlevés au Darfour», a-t-il ajouté, précisant que la Minuad était disposée à «offrir son aide dans la mesure de ses capacités» si elle était sollicitée.

A Bruxelles, le ministère des Affaires étrangères a confirmé que des collaborateurs de la section belge de MSF avaient été enlevés au Darfour, en précisant qu'aucun ressortissant belge n'avait été kidnappé.

Les ONG expulsées

Les sections française et hollandaise de MSF avaient été expulsées du Darfour la semaine dernière par les autorités soudanaises, en réponse au mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir, mais pas celles de la Belgique, de la Suisse et de l'Espagne.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) avait indiqué mercredi être «particulièrement inquiet pour la sécurité du personnel (humanitaire) local et international qui est sur le terrain, à la suite d'incidents répétés d'intimidation et de harcèlement».