Haïti : Après le tremblement de terre, les hôpitaux submergés par les très nombreux blessés

CATASTROPHE A l’hôpital des Cayes, la troisième ville du pays, les blessés s’entassent aux urgences. Le dernier bilan du séisme de magnitude 7,2 est de 1.297 morts et plus de 5.700 blessés

20 Minutes avec AFP
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A la suite du séisme, des blessés attendent dehors à l'hôpital des Cayes, en Haïti le 15 août 2021.
A la suite du séisme, des blessés attendent dehors à l'hôpital des Cayes, en Haïti le 15 août 2021. — AFP

En Haïti, avec 1.297 morts et plus de 5.700 blessés, le bilan provisoire du séisme de samedi est si lourd que le pays n’arrive plus à faire face au flux des victimes dans les hôpitaux. Installés sur des bancs, recroquevillés sur des chaises ou allongés à même le sol sur des draps, les blessés s’entassent au service d’urgence de l’hôpital des Cayes, la troisième ville du pays.

« Au moment du séisme, nous n’étions que trois médecins dans le service », témoigne le Dr Michelet Paurus. « Ce matin (dimanche), ça s’arrange car on a reçu des orthopédistes, des chirurgiens et aussi 42 résidents qui se répartissent dans tous les hôpitaux du département », explique l’urgentiste.

Un manque « chronique » de matériel

Rudolphe Steven Jacques, médecin de 26 ans, fait partie des professionnels de santé venus de la capitale, Port-au-Prince. « Le manque de matériel est chronique, en fonction des arrivages. Voyez, cette femme attend depuis un moment que je lui fasse une suture mais je n’ai pas de plateau pour cela pour le moment », regrette le praticien en montrant une large plaie sur la jambe d’une patiente assise dans un coin.

Dans les petites salles de cet hôpital, patients et médecins se bousculent. « Beaucoup de blessés arrivent encore ce matin, je ne m’attendais pas à ça : ce sont ceux qui viennent de zones plus reculées », assure le Dr Jacques. Immédiatement après le séisme, les centres hospitaliers des Cayes ont été saturés.

Des pharmacies fermées

« Quand le tremblement de terre s’est produit j’étais chez moi. Une vibration m’a fait voler en l’air et je suis retombé sur mon bras. […] Je suis passé dans plusieurs hôpitaux : mais ils étaient surchargés » se rappelle Venel Sénat. « Ce matin, je suis venu ici et j’ai enfin été pris en charge. J’ai passé une radio gratuitement et ils m’ont aussi mis ce plâtre-là, gratuit » dit-il soulagé en montrant son bras droit. Sa maison totalement détruite, il attend dans la cour de l’hôpital qu’un des médicaments qu’on lui a prescrits soit disponible à la pharmacie de l’établissement, celles situées en centre-ville étant restées portes closes.

Déjà soignées mais sous observation, quantité de personnes blessées s’installent sur les pelouses autour des bâtiments. Elles craignent encore de retourner à l’intérieur des édifices, traumatisées par les fréquentes répliques. « Les gens ont peur de rentrer mais ce soir, on va avoir de la pluie », détaille le Dr Paurus. « On va essayer de les faire rentrer dans cette salle-là car le toit est en tôle. Pour les enfants du service pédiatrique, on va essayer d’installer des tentes sur la cour », ajoute-t-il.

La tempête tropicale Grace pourrait en effet toucher la zone dans les prochaines heures. « S’il pleut autant qu’on le prédit, vraiment on ne sait pas ce qu’on va faire. C’est coup sur coup, on ne peut pas », s’alarme Dr Michelet Paurus. Pour que l’île puisse se relever de l’horreur, l’aide promise par la communauté internationale est donc attendue avec impatience.