Haïti : Le bilan, toujours provisoire, du séisme s’alourdit à 1.297 morts

CATASTROPHE Le tremblement de terre s’est produit samedi, à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, à 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince

20 Minutes avec AFP
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Haïti a été frappé par un séisme de magnitude 7.2.
Haïti a été frappé par un séisme de magnitude 7.2. — Handout / AFP / CUBA'S INTERNATIONAL PRESS CENTRE

Depuis samedi, Haïti vit l’horreur. Le bilan macabre du séisme de magnitude 7.2continue de grimper et il n’est malheureusement que provisoire. Les derniers chiffres donnés dimanche par les services de protection civile du pays font état de 1.297 morts et plus de 5.700 blessés.

En plus des personnes portées disparues, « beaucoup d’autres sont sous les décombres », souligne la Protection civile, qui précise que près de 3.200 blessés ont été accueillis dans les différents hôpitaux. La catastrophe laisse des milliers de personnes sans abri alors que des répliques du tremblement de terre se font encore sentir.

Les sauveteurs à la recherche de survivants

Dimanche, des équipes de sauveteurs cherchaient encore des survivants, après le séisme qui s’est produit samedi à 8 heures 29 à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, située à quelque 160 km de la capitale Port-au-Prince, selon les données de l’Institut américain de géophysique (USGS). De nombreux bâtiments se sont effondrés lors de la puissante secousse qui a piégé des centaines d’habitants sous des dalles de béton.

Les habitants se sont mobilisés pour secourir des victimes blessées dans l’effondrement des édifices. « Les premières interventions, menées tant par les sauveteurs professionnels que par des membres de la population ont permis d’extraire de nombreuses personnes des décombres », ont souligné les services de la protection civile.

L’état d’urgence déclaré pour un mois

Le chef du gouvernement, Ariel Henry, qui a survolé en hélicoptère les zones les plus affectées samedi, a annoncé que l’état d’urgence avait été déclaré pour un mois sur les quatre départements affectés par la catastrophe. Du personnel et des médicaments ont été acheminés par le ministère de la Santé vers la péninsule sud-ouest mais la logistique d’urgence est mise en péril par l’insécurité qui mine Haïti depuis des mois.

Sur un peu plus de deux kilomètres, l’unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant sous contrôle des gangs armés depuis début juin, empêchant la libre circulation.

La longue secousse a été ressentie sur l’ensemble du pays. Comptant plus de 200.000 habitants, l’agglomération de Jérémie, à l’extrémité sud-ouest de la péninsule, a souffert d’importants dommages dans le centre-ville. « Le toit de la cathédrale est tombé », détaille un habitant de la ville.

Les efforts des secours pourraient par ailleurs se voir entravés à l’approche de la tempête tropicale Grace, avec un risque de pluies torrentielles et d’inondations rapides, selon le service national météorologique des Etats-Unis.

L’aide internationale s’organise

Le président américain Joe Biden a offert samedi l’assistance « immédiate » des Etats-Unis. Il a chargé la directrice de l’agence américaine d’aide internationale (USAID), Samantha Powers, de coordonner cet effort. De son côté le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a assuré « suivre les derniers développements de la tragédie en Haïti ».

La République dominicaine, voisine de Haïti sur la même île, a annoncé l’envoi de 10.000 rations d’urgence et des équipements médicaux. Le Mexique, le Pérou, l’Argentine, le Chili et le Venezuela ont également proposé leur aide, tout comme l’Equateur qui dépêche une équipe de 34 sapeurs pompiers pour participer aux recherches. Et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a assuré les Haïtiens qu’ils pouvaient « compter sur l’aide de l’Espagne ».

La « solidarité » du pape François

Les 253 médecins cubains présents dans le pays pour coopérer dans la lutte contre le Covid-19 ont adapté un hôpital de Port-au-Prince pour recevoir des blessés. De son côté, la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka, dont le père est Haïtien, va offrir la totalité des gains qu’elle percevra lors d’un prochain tournoi aux victimes du séisme.

« Je désire exprimer ma solidarité aux populations durement frappées par le séisme », a pour sa part déclaré le pape François lors de sa traditionnelle prière de l’Angélus en public place Saint-Pierre, appelant la communauté internationale à venir en aide à Haïti.

Le traumatisme du séisme de 2010

Dans le pays, le pays le plus pauvre du continent américain, ce séisme a ravivé les terribles souvenirs du grand tremblement de terre de 2010, qui avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province. Plus de 200.000 personnes avaient été tuées et plus de 300.000 autres avaient été blessées lors de la catastrophe.