Afghanistan: Le président Ashraf Ghani a quitté le pays, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah

MONDE Les Talibans, eux, sont aux portes du pouvoir

20 Minutes avec AFP
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Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir.
Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir. — WAKIL KOHSAR / AFP

Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l’Afghanistan, où les Talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l’ancien vice-président Abdullah Abdullah. « L’ancien président afghan a quitté la nation », a déclaré Abdullah Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Les talibans veulent prendre le contrôle du pouvoir en Afghanistan « dans les jours à venir » par un transfert « pacifique », a déclaré un de leurs porte-paroles à la BBC dimanche, alors que leurs troupes encerclent la capitale.

Un retour au pouvoir vingt ans après avoir été chassés

« Dans les jours à venir, nous voulons un transfert pacifique » du pouvoir, a déclaré Suhail Shaheen, un porte-parole basé au Qatar dans le cadre d’un groupe engagé dans les négociations. Il a exposé les grandes lignes politiques envisagées par les Talibans en vue d’un retour au pouvoir du mouvement islamiste radical, 20 ans après en avoir été chassés par les forces internationales à la suite des attentats du 11 septembre 2001. « Nous voulons un gouvernement islamique inclusif, ce qui signifie que l’ensemble des Afghans seront représentés dans ce gouvernement », a assuré Suhail Shaheen, « nous en parlerons à l’avenir, lorsque la transition pacifique aura eu lieu ».

Repoussant les craintes d’un retour du pays dans l’époque de la première domination talibane, avec une application très stricte des règles islamiques, Suhail Shaheen a déclaré que les Talibans voulaient désormais ouvrir « un nouveau chapitre » de tolérance.

« Nous voulons travailler avec tous les Afghans, nous voulons ouvrir un nouveau chapitre de paix, de tolérance, avec une coexistence pacifique et une unité nationale pour le pays et le peuple afghan », a poursuivi Suhail Shaheen.

Les ambassades évacuées

Le porte-parole du groupe a également assuré que les ambassades internationales et leurs employés ne seront pas ciblés par les combattants talibans et qu’ils devraient rester dans le pays. « Il n’y a aucun risque pour les diplomates, les organisations humanitaires, personne. Ils devraient tous continuer à travailler comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Aucun mal ne leur sera fait, ils devraient rester », a-t-il insisté. Mais dans la capitale afghane, de nombreuses ambassades ont d’ores et déjà été évacuées.

Le personnel de l’ambassade américaine à Kaboul a été transféré en urgence vers l’aéroport de la capitale afghane, où ont été dépêchés des milliers de soldats américains, a indiqué dimanche le secrétaire d’Etat Antony Blinken. De son côté, le Canada a temporairement fermé son ambassade à Kaboul. « Il a été décidé de suspendre temporairement nos activités diplomatiques à Kaboul », ont indiqué les autorités canadiennes dans un communiqué précisant que les activités reprendraient quand la situation « permettra de garantir des services appropriés et une sécurité adéquate pour notre personnel ». Le personnel de l’ambassade néerlandaise a également été évacué la nuit dernière et officie désormais depuis un endroit proche de l’aéroport de la capitale afghane, a indiqué dimanche le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.

De son côté, la Russie ne prévoit rien de tel. « Aucune évacuation n’est prévue », a déclaré Zamir Kaboulov, l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan, cité par l’agence Interfax, soulignant être « en contact direct » avec l’ambassadeur russe à Kaboul dont les collaborateurs continuaient à travailler dans « le calme » à l’ambassade.