En pleine conférence de presse, Mountazer al-Zaïdi s'était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière visite en Irak avant son départ de la Maison Blanche: "c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien", avant de lui lancer ses chaussures.
En pleine conférence de presse, Mountazer al-Zaïdi s'était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière visite en Irak avant son départ de la Maison Blanche: "c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien", avant de lui lancer ses chaussures. — AFP/CNN/Archives

IRAK

Le lanceur de chaussures sur Bush condamné à trois ans de prison

Il avait plaidé non coupable...

Mountazer al-Zaïdi, le journaliste irakien qui avait lancé ses chaussures en décembre à la tête de George W. Bush a été condamné à trois ans de prison. Son procès qui devait s'ouvrir le 19 février avait été reporté au 12 mars.

La Cour criminelle centrale d'Irak à Bagdada annoncé la sentence: trois ans de prison ferme. Jugé pour «agression contre un chef d'Etat en visite officielle», Mountazer al-Zaïdi avait plaidé non-coupable. «Oui, ma réaction était naturelle, comme celle de n'importe quel Irakien», a-t-il répondu au juge qui lui demandait s'il était innocent. Son avocat a annoncé qu'il ferait appel de cette condamnation.

200 personnes à l'audience

Le journaliste, qui travaille pour Al-Baghdadiya, une chaîne irakienne basée au Caire, risquait jusqu'à 15 ans de prison. Environ 200 personnes, des proches de Mountazer al-Zaïdi, des journalistes et des avocats, assistaient à l'audience devant la Cour criminelle centrale, qui juge habituellement les affaires de terrorisme.

«J'espère vraiment qu'ils vont rendre leur verdict aujourd'hui. Inch'allah (Si Dieu le veut en arabe, ndlr) ils rendront leur verdict et il sera libéré», avait déclaré Oum Jalal, une tante du journaliste, au début de l'audience à 9 heures.

Une visite surprise ou officielle?

La défense du journaliste voulait prouver que George W. Bush effectuait une visite surprise et non «une visite officielle» et ainsi invalider les chefs de poursuite. En ouvrant la séance, le juge Abdel Amir al-Roubaie a annoncé que l'ancien président américain avait bien effectué une «visite officielle» selon les informations qui lui ont été transmises par le gouvernement irakien.

Le 19 février, Mountazer Zaïdi avait justifié son acte par l'extrême émotion qu'il avait ressentie face «au responsable des crimes commis en Irak». «Il est le plus grand responsable des meurtres commis contre mon peuple et j'ai donc modestement voulu faire quelque chose pour les victimes», avait-il dit.

«Il parlait des victoires et des réussites (américaines) en Irak mais moi ce que je vois en matière de réussite, c'est un million de martyrs, le sang versé, les mosquées perquisitionnées, les Irakiennes violées, les Irakiens humiliés», avait-il dit. Il s'était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière visite en Irak: «c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien», avant de lui lancer ses chaussures. Celles ci n'avaient pas atteint leur cible.

Pas d'asile politique en Suisse

Le journaliste a assuré avoir été «battu et torturé à l'électricité après l'incident par un général». Ses frères avaient annoncé qu'ils tentaient de faire traduire en justice George W. Bush, Nouri al-Maliki et ses gardes du corps pour «torture» devant une cour belge ou espagnole.

Une avocate syrienne a indiqué procéder au dépôt d'une plainte devant un tribunal de Bruxelles. En revanche, son frère Oudaï a assuré que le journaliste n'avait pas demandé l'asile politique en Suisse, contrairement à ce qu'affirme un avocat genevois.