Liban : L’explosion d’un camion-citerne fait au moins 28 morts

DRAME Selon le ministère de la Santé, la catastrophe, qui pourrait avoir comme origine une bagarre entre des personnes tentant de se procurer de l’essence, a fait 80 blessés

20 Minutes avec AFP
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Au Liban, dans la région du Akkar, des militaires inspectent le 15 août 2021 le lieu de l'explosion d'un réservoir d'essence qui a fait 28 morts.
Au Liban, dans la région du Akkar, des militaires inspectent le 15 août 2021 le lieu de l'explosion d'un réservoir d'essence qui a fait 28 morts. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Alors que le Liban a commémoré le 4 août le premier anniversaire de l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts, le pays est une nouvelle fois endeuillé par une catastrophe. Au moins 28 personnes ont été tuées dans l’explosion d’un camion-citerne dans la région d’Akkar, au nord du pays. Selon le ministère de la Santé, l’explosion a également fait 80 blessés.

L’armée a pour sa part indiqué que l’explosion du réservoir avait eu lieu peu avant 2 heures (1 heure à Paris). Deux soldats ont péri tandis que 11 autres sont dans un état critique et quatre sont portés disparus. Le président libanais Michel Aoun a réclamé l’ouverture d’une enquête et le gouvernement a décrété lundi journée de deuil national.

Levée des subventions sur les carburants

Peu avant l’explosion, le réservoir avait été « confisqué » par l’armée pour que l’essence soit distribuée aux citoyens. Des soldats avaient en effet été déployés samedi dans des stations-service pour y empêcher le stockage de carburant à des fins spéculatives, après la récente annonce par la Banque centrale d’une levée des subventions sur les carburants. L’explosion aurait eu lieu, selon l’Agence nationale d’information (ANI), après des bagarres entre des habitants qui cherchaient à se procurer de l’essence.

A l’hôpital Al-Salam à Tripoli, grande ville du Nord, les salles d’urgence se sont remplies dimanche, dès le petit matin, de blessés et de proches de victimes, certains à la recherche d’une personne disparue. Au moins sept corps et des dizaines de personnes brûlées ont été transférés dans un hôpital du Akkar, a indiqué un employé de cet établissement, Yassine Metlej. Mais « les cadavres sont tellement carbonisés qu’on ne peut pas les identifier ». « Il y a beaucoup (…) de corps que nous n’avons pas pu identifier », a confirmé une source sécuritaire, indiquant que des tests ADN avaient débuté.

La colère monte

Le ministre sortant de la Santé Hamad a annoncé être en contact avec notamment la Turquie, le Koweït et la Jordanie pour y transférer les brûlés graves. Dimanche soir, un avion turc a d’ailleurs atterri à l’aéroport de Beyrouth pour venir chercher quatre militaires grièvement brûlés.

Avec cette nouvelle catastrophe, la tension est particulièrement vive dans un pays en pleine crise économique et politique. Excédés, des habitants du Akkar ont incendié dimanche une maison qui appartiendrait au propriétaire du terrain où a eu lieu l’explosion. L’armée a en outre indiqué avoir arrêté à Tripoli ce propriétaire. A Beyrouth, des habitants sont entrés de force dans l’appartement d’un député du Akkar, qui était absent, et l’ont vandalisé. Enfin, d’autres ont manifesté devant le domicile du Premier ministre désigné, Nagib Mikati. Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et les forces antiémeutes.