Côte d’Ivoire : L’OMS très inquiète d’un cas importé d’Ebola détecté à Abidjan

SANTE Une jeune fille de 18 ans, arrivée le 11 août de Guinée, a été testée positive au virus Ebola dans la capitale économique ivoirienne

20 Minutes avec AFP
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Le CHU de Treichville, à Abidjan.
Le CHU de Treichville, à Abidjan. — Diomande Ble Blonde/AP

La situation sanitaire inquiète en Côte d’Ivoire. Un cas d’Ebola a en effet été détecté dans la capitale économique Abidjan. C’est le premier depuis 1994, près de deux mois après l’annonce de la fin de l’épidémie de 2021 en Guinée voisine, ce qui est « extrêmement préoccupant », selon l’OMS.

Les autorités sanitaires ivoiriennes « ont été informées ce jour (samedi) par l’Institut Pasteur d’un cas positif de maladie à virus Ebola après examen d’un échantillon prélevé » vendredi « sur une jeune fille âgée de 18 ans de nationalité guinéenne », a déclaré à la télévision nationale RTI le ministre de la Santé, Pierre Demba. Il a précisé que cette jeune femme avait quitté la ville de Labé en Guinée par la route et était « arrivée en Côte d’Ivoire le 11 août ».

Des vaccins disponibles

« Il s’agit d’un cas isolé et importé », a-t-il assuré, ajoutant que la patiente était « actuellement en isolement et prise en charge au centre de traitement des maladies hautement épidémiques du CHU de Treichville », à Abidjan. Selon le ministre, la Côte d’Ivoire dispose de vaccins contre Ebola et « procédera à la vaccination des groupes cibles, personnel de santé de première ligne, contacts immédiats de la patiente, forces de sécurité à nos frontières ». L’OMS a pour sa part précisé que « 5.000 doses de vaccin anti-Ebola » obtenues « pour combattre l’épidémie en Guinée » devaient être acheminées en Côte d’Ivoire.

Une réunion interministérielle d’urgence s’est tenue samedi en fin d’après-midi à Abidjan sous la présidence du Premier ministre ivoirien Patrick Achi. Parmi les mesures prises figurent la réactivation du système de surveillance et de riposte au virus Ebola mis en place pendant la dernière épidémie en Guinée, l’organisation « du suivi de tous les contacts identifiés, la poursuite du strict respect des mesures barrières édictées contre le Covid-19 qui restent valables pour la maladie à virus Ebola » et une « collaboration transfrontalière intense avec la Guinée ».

« Il est extrêmement préoccupant que cette épidémie ait été déclarée à Abidjan, une métropole de plus de quatre millions d’habitants », a estimé Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Cependant, l’essentiel de l’expertise mondiale en matière de lutte contre la maladie à virus Ebola se trouve ici, sur le continent, et la Côte d’Ivoire peut tirer parti de cette expérience pour accélérer la riposte », a-t-elle ajouté. La Guinée et l’OMS ont officiellement annoncé le 19 juin la fin de la deuxième épidémie d’Ebola dans ce pays, quelques mois après la réapparition de cette maladie rapidement vaincue grâce à l’expérience accumulée en 2013-2016 où elle avait fait des milliers de morts.