Virus de Marburg: «Nous sommes entrées dans la phase critique»... L'OMS s'inquiète de la découverte de ce cousin d'Ebola en Guinée

VIRUS Seul un cas du virus de Marburg, cousin du virus Ebola, a été détecté pour l’instant en Guinée, mais l’OMS insiste sur l’importance de surveiller les 150 cas contacts qui sont dans la période « critique » d’incubation.

20 Minutes avec AFP
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Le drapeau de l'OMS, à Genève. (illustration)
Le drapeau de l'OMS, à Genève. (illustration) — FABRICE COFFRINI / AFP

C’est le cousin à peine moins meurtrier du virus Ebola… L’Afrique de l’Ouest a enregistré au début du mois en Guinée son tout premier cas de virus de Marburg, contre lequel il n’y a ni vaccin ni traitement. Il se manifeste par une fièvre aiguë accompagnée d’hémorragies internes et externes entraînant la mort dans 50 % des cas en moyenne.

Le virus, qui est transmis par des chauves-souris, a été découvert dans des échantillons prélevés sur un homme décédé le 2 août dans la préfecture de Guéckédou (Sud), dans un village situé dans une région forestière proche des frontières de Sierra Leone et du Liberia.

150 cas contacts identifiés

Ses symptômes avaient démarré le 25 juillet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’autres cas de Marburg depuis le cas index qui a été confirmé le 9 août », a indiqué une porte-parole de l’agence sanitaire à Genève, Fadela Chaib, lors d’un point de presse.

150 cas contacts ont été identifiés jusqu’à présent, a-t-elle dit. La période d’incubation (le délai entre l’infection et l’apparition des symptômes) va de 2 à 21 jours. « Nous sommes entrés dans la période critique au cours de laquelle toute personne exposée au virus est la plus susceptible de développer des symptômes. La surveillance est donc particulièrement importante en ce moment et les équipes surveillent les contacts deux fois par jour », a expliqué Fadela Chaib.

« Des dépistages des cas suspects sont également en cours » tandis que « les efforts se poursuivent pour retrouver les personnes qui ont pu être en contact avec le patient » décédé, a-t-elle dit.

Un taux de létalité qui varie entre 24 et 88 %

La surveillance transfrontalière a été renforcée. Au 11 août, près de 200 personnes avaient été ainsi examinées, selon l’agence spécialisée onusienne.

Il n’existe aucun vaccin ou traitement homologué à ce jour. Plusieurs traitements à base de produits sanguins, de thérapies immunitaires et de traitements médicamenteux sont en cours de développement, a souligné l’OMS.

Les taux de létalité ont varié de 24 % à 88 % lors des épidémies précédentes, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas.