Grèce : Les violents incendies enfin maîtrisés, l’Europe du Sud reste cependant en alerte

FEU Favorisés par une vague de canicule sans précédent, les multiples foyers ont finalement été éteints avec le concours de la pluie et d'une baisse des températures

M.F avec AFP
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Une forêt incendiée dans le village d'Agia Anna sur l'île d'Eubée, à environ 181 kilomètres (113 miles) au nord d'Athènes, en Grèce, le mercredi 11 août 2021.
Une forêt incendiée dans le village d'Agia Anna sur l'île d'Eubée, à environ 181 kilomètres (113 miles) au nord d'Athènes, en Grèce, le mercredi 11 août 2021. — Michael Varaklas/AP/SIPA

Soulagement. Après deux semaines passées à lutter contre les flammes, la Grèce est finalement venue à bout des incendies qui ont frappé le pays. « Depuis hier (jeudi), il n’y a plus de front actif majeur, juste des poches éparses », a assuré un porte-parole des pompiers grecs. Favorisés par quinze jours de canicule, les multiples feux ont pu finalement être éteints à la faveur des précipitations tombées sur plusieurs régions et à la chute des températures.

Les équipes de pompiers déployés par centaines, avec des renforts étrangers, restent toutefois en alerte face aux risques de résurgence sur l’île d’Eubée, frappée la plus durement par ces feux, et dans la région d’Arcadie, sur la péninsule du Péloponnèse, alors que des rafales de vents susceptibles d’attiser d’éventuels départs de feu sont prévues ce week-end.

Les canicules : grand facteur d’incendie

Au total, plus de 100.000 hectares sont partis en flammes en Grèce depuis fin juillet, donnant lieu à des scènes d’apocalypse. Des centaines d’habitations et de petites entreprises ont été emportées dans les flammes qui ont ravagé Eubée, à 200 km au nord-est d’Athènes, une partie du Péloponnèse et la grande périphérie de la capitale. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a déploré une catastrophe environnementale sans précédent qu’il a directement reliée au changement climatique.

Les incendies se multipliant à travers le globe sont associés à divers phénomènes anticipés par les scientifiques en raison du réchauffement de la planète. Selon eux, les canicules à répétition en sont un marqueur sans équivoque et ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s’allonger et s’intensifier : une combinaison idéale pour le développement des feux. « Au niveau mondial, l’augmentation des températures et de l’aridité a allongé la saison des incendies et doublé la surface à risque d’incendies », selon un projet de rapport des experts climat de l’ONU (Giec).

48,8 degrés enregistrés en Sicile

Trois Canadair français dépêchés jusqu’ici en Grèce ont été redéployés en Sicile, confrontée à des incendies tout comme sa voisine de Calabre, la pointe de la Botte italienne. Un anticyclone baptisé Lucifer traverse actuellement la péninsule, faisant exploser les thermomètres, avec notamment une température record de 48,8 degrés enregistrée mercredi en Sicile, qui, si elle est homologuée, constituerait un nouveau record européen. Face à ces incendies qui ont fait quatre morts, le Premier ministre italien Mario Draghi a annoncé jeudi soir « un programme de secours pour les personnes et entreprises affectées, parallèlement à un plan spécial de reforestation et de sécurisation du territoire ».

En Espagne, accablée elle aussi par la chaleur, des incendies ont démarré jeudi en Aragon, dans la Rioja et en Catalogne, trois régions du nord du pays. L’incendie le plus important est celui de Catalogne, qui affecte une zone forestière protégée de 41 hectares sur la côte de la province de Tarragone. Au Portugal, le gouvernement a placé 14 des 18 régions sous alerte incendie à partir de vendredi midi et jusqu’à lundi minuit. « Nous savons déjà que les prochains jours vont être difficiles », a prévenu jeudi le Premier ministre Antonio Costa.

La Tunisie, l’Algérie et la Turquie durement touchées

La rive sud de la Méditerranée n’est pas épargnée : dans le nord de l’Algérie, pompiers et volontaires luttent sans relâche contre des incendies qui ont déjà fait 71 morts. Végétation calcinée, bétail agonisant et villages assiégés : les feux ont en outre semé la désolation sur leur passage en Kabylie (nord-est). Dans la Tunisie voisine, une trentaine d’incendies attisés par la canicule ont été enregistrés depuis lundi dans les régions montagneuses du nord-ouest et du Centre-Ouest du pays, où plusieurs familles ont été évacuées.

De son côté, la Turquie, à peine remise d’incendies meurtriers, a annoncé vendredi qu’au moins 27 personnes étaient mortes dans des inondations dans le nord du pays, conséquences elles aussi du réchauffement climatique.