Google rémunère différemment ses salariés s’ils décident de télétravailler, une pratique contestée

ARGENT En cas de télétravail, le montant du salaire est calculé en fonction du lieu de résidence de l’employé et du coût de la vie

20 minutes avec agence
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Le logo de Google (illustration).
Le logo de Google (illustration). — SOPA Images/SIPA

C’est une pratique qui crée la polémique. Les salariés de Google sont rémunérés différemment s’ils optent pour le télétravail ou non. Ainsi, un calculateur a été mis en place par l’entreprise américaine. Il permet d’estimer le salaire des employés en fonction de leur lieu de résidence, indexé sur le coût de la vie, rapporte Le Figaro, mardi.

Interrogé par Reuters, un salarié a par exemple expliqué qu’il avait renoncé au télétravail car il perdait 10 % de son salaire. Il préfère donc faire deux heures de transport au quotidien, pour se rendre au siège de Seattle. « Nos rémunérations ont toujours été déterminées par la localisation », a affirmé un porte-parole de Google.

« Google n’est clairement pas obligé de faire ça »

Les baisses de salaire engendrées par cette pratique seraient variables. Ainsi, un employé du bureau de New York vivant à une heure de train, à Stamford dans le Connecticut, perdrait 15 % de son salaire en cas de télétravail. La baisse peut même aller jusqu’à 25 % pour un employé du bureau de San Francisco habitant près du Lac Tahoe, qui borde la Californie et le Nevada, soit à plus de 3 heures de route.

Seuls les salariés travaillant pour les sièges de San Francisco ou New York et télétravaillant depuis leur domicile situé dans ces métropoles ne perdraient pas de salaire, selon le calculateur. « Google n’est clairement pas obligé de faire ça. Par définition, ils payaient ces travailleurs à 100 % de leur salaire, donc il ne devrait pas y avoir de problème à continuer à leur verser la même rémunération s’ils choisissent de télétravailler », a déclaré Jake Resenfeld, professeur de sociologie à l’université de Washington à Saint-Louis.

D’autres entreprises, comme Facebook ou Twitter, ont également mis en place des mesures similaires, variables en fonction du lieu de résidence d’un employé. Une politique de discrimination salariale qui est contestée. De son côté, Google veut promouvoir une organisation de travail « hybride ». Le géant californien a indiqué que sur ses 140.000 salariés répartis dans le monde, 20 % devraient opter pour le télétravail à temps complet et 20 % devraient demander leur transfert dans un autre bureau de la firme.