« quelqu'un qui veut démontrer une toute-puissance »

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Entre le massacre d'hier en Allemagne et l'expédition punitive d'avant-hier à Gagny, en France, l'école vous semble-t-elle devenue un lieu de plus grandes violences ?

Non. Il est normal que des violences se produisent à l'école, car c'est un des principaux lieux de sociabilité des adolescents, au même titre que la famille ou le groupe d'amis.

Ces deux événements peuvent-ils être mis sur le même plan ?

Non. Dans un cas, en Allemagne, on a quelqu'un qui tue pour tuer, qui est dans une démonstration de toute-puissance, tandis qu'à Gagny, il y a semble-t-il un mobile à l'agression, on n'est pas dans la volonté de détruire à tout prix.

Ce n'est pas la première fois qu'un massacre de ce genre se produit en Allemagne...

Oui, mais si vous rapportez la fréquence de l'événement au nombre d'habitants [plus de 80 millions], vous vous rendez compte que ce sont des actes extrêmement isolés. Mais ils frappent parce qu'ils renvoient à la volonté de vivre ensemble, que ce genre de gestes vise à anéantir.

Sécuriser l'école, est-ce possible ?

On ne peut pas sécuriser l'institution contre ce type d'attaques, car, par définition, l'école est un lieu de passage et d'interactions. Plus globalement, dans une société libre, quelqu'un qui veut utiliser des armes à feu et commettre ce genre de tueries peut difficilement en être empêché. ■ recueilli par Armelle Le Goff