massacre sanglant dans un collège

De notre correspondante à Berlin, Prune Antoine (avec Armelle Le Goff)

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L'horreur. L'Allemagne était sous le choc hier après un massacre provoqué par un adolescent qui a abattu au moins 15 personnes dans son ancien collège, situé à Winnenden, près de Stuttgart. Agé de 17 ans, il a fait irruption en début de matinée dans l'établissement où il a tué neuf élèves âgés de 14 à 15 ans, ainsi que trois enseignantes. Dans sa fuite, l'adolescent a tué trois passants. Issu d'une famille aisée, il a utilisé une arme appartenant à ses parents, qui en possédaient dix-huit. Poursuivi par les forces de police, il a été rejoint 40 km plus loin dans un parking, où, selon les autorités, il se serait suicidé après avoir blessé deux policiers.

Ce n'est pas la première fois que l'Allemagne est confrontée à une fusillade en milieu scolaire. En février 2002 à Freising, après avoir tué deux cadres de l'entreprise où il avait été licencié, un jeune homme de 22 ans achève le proviseur de son centre d'apprentissage. Quelques mois plus tard, le 26 avril, l'Allemagne connaît son « Columbine » avec le massacre d'Erfurt, en ex-RDA. Un jeune homme de 19 ans, armé d'un fusil à pompe et d'un pistolet, fait irruption dans le lycée dont il avait été exclu et tire avant de retourner l'arme contre lui. Bilan : 17 morts. Influence de certains jeux vidéo ou législation sur les armes à feu, le débat sur la violence et les jeunes s'empare du pays. Après le drame d'Erfurt, Angela Merkel, qui n'est pas encore chancelière, déclare : « Nous (...) devons tirer les conséquences d'un tel geste, pour qu'un deuxième Erfurt soit improbable, sinon impossible. » Fin 2002, le Bundestag décide de limiter encore davantage les ventes d'armes, déjà très restrictives depuis 1976. Parallèlement, une loi fixe une limite d'âge pour l'achat ou l'utilisation de jeux vidéo. Aujourd'hui, le sentiment d'échec est partagé. « Trop peu a été fait après Erfurt, » constate Rolf Busch, responsable de la VBE, l'une des deux plus grosses organisations de professeurs du pays. ■