L'athlète bélarusse en exil, passée par l'Autriche, est arrivée en Pologne

JO DE TOKYO La sprinteuse olympique bélarusse Krystsina Tsimanouskaya, qui a refusé de rentrer dans son pays par crainte pour sa sécurité, est arrivée mercredi soir à l'aéroport de Varsovie après avoir transité par Vienne, la Pologne lui ayant accordé un visa humanitaire.

20 Minutes avec AFP
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L’athlète bélarusse Krystsina Tsimanouskaya reçue à Vienne par Magnus Brunner, secrétaire d'Etat autrichien.
L’athlète bélarusse Krystsina Tsimanouskaya reçue à Vienne par Magnus Brunner, secrétaire d'Etat autrichien. — Florian SCHROETTER / BKA / APA / AFP

Menacée d'être rapatriée de force au Bélarus après en avoir critiqué les instances sportives à la suite d’un différend aux Jeux olympiques de Tokyo, Krystsina Tsimanouskaya devait initialement prendre un vol direct Tokyo-Varsovie. Mais elle a changé d’itinéraire à la dernière minute.

A Vienne, où elle avait atterri peu après 13 h, un véhicule noir, suivi de deux voitures de police, attendait la jeune femme de 24 ans, dont l’affaire a dominé ces derniers jours l’actualité extra-sportive des Jeux de Tokyo.

Préserver sa sécurité

Il s’agissait de « préserver sa sécurité », a expliqué à la presse le secrétaire d’État autrichien Magnus Brunner, qui s’est rendu à sa rencontre, selon des photos officielles où on voit l’athlète apparaître en jeans et masque coloré.

Krystsina Tsimanouskaya est apparue « en bonne forme, au vu des circonstances », a-t-il dit à la presse. « Elle se fait naturellement du souci pour sa famille. Elle est fatiguée et tendue après les événements de ces derniers jours », « nerveuse sur ce qui l’attend », a détaillé M. Brunner.

Double visa humanitaire

Inconnue jusqu’ici du grand public et discrète sur la politique, Krystsina Tsimanouskaya s’est soudainement retrouvée sous les projecteurs. Elle avait affirmé dimanche avoir échappé à un rapatriement forcé en Biélorussie, quelques jours après avoir ouvertement critiqué la Fédération d’athlétisme de son pays en plein Jeux olympiques de Tokyo.

Craignant de se retrouver en prison si elle rentrait au Bélarus, Krystsina Tsimanouskaya avait obtenu l’aide du Comité international olympique (CIO) et une protection policière alors qu’elle se trouvait à l’aéroport de Tokyo-Haneda.

Elle s’est ensuite réfugiée à l’ambassade de Pologne dans la capitale japonaise, tandis que le CIO a initié une enquête officielle.

Le gouvernement polonais, qui a promis de « continuer à soutenir activement la nation bélarusse toute entière et les militants d’opposition persécutés », a également accordé mercredi un visa humanitaire à l’époux de la sportive, Arseni Zdanevitch, qui avait fui en Ukraine. L'athlète a ensuite rejoint Varsovie où elle parlera pour la première fois à la presse jeudi.