Brésil: Des partisans pro-Bolsonaro manifestent contre le système de vote par urne électronique

PRESIDENTIELLE 2022 Après les manifestations réclamant la destitution du président Bolsonaro, le week-end dernier, ce sont ses partisans qui ont défilé ce dimanche pour protester contre le système de vote par urnes électroniques. Une façon de préparer le terrain en cas de défaite ?

20 Minutes avec AFP
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Des manifestants participent à un rassemblement en faveur du président brésilien Jair Bolsonaro et appelant à un modèle de vote imprimé sur l'Esplanade des ministères à Brasilia, au Brésil, le 1er août 2021.
Des manifestants participent à un rassemblement en faveur du président brésilien Jair Bolsonaro et appelant à un modèle de vote imprimé sur l'Esplanade des ministères à Brasilia, au Brésil, le 1er août 2021. — EVARISTO SA / AFP

Plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés dimanche au Brésil pour apporter leur soutien au président Jair Bolsonaro et protester contre le système de vote par urnes électroniques en vigueur depuis 1996, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À Rio de Janeiro, environ 3.000 personnes défilaient sur la célèbre plage de Copacabana, la plupart sans masque et habillés de jaune et de vert, les couleurs du drapeau brésilien.

« Que les voix puissent être recomptées publiquement »

«Ce qu'on veut, c'est que les voix puissent être recomptées publiquement, pour plus de transparence, parce qu'il y a déjà eu des soupçons de fraudes», dit à l'AFP Ronaldo Calvalcante, 46 ans, qui manifestait à Rio.

Le président Bolsonaro, qui vise la réélection en 2022, ne réclame pas un retour au vote par bulletins papier, mais l'impression d'un reçu après chaque vote sur l'urne électronique, pour que les voix puissent être recomptées physiquement. «Le vote strictement électronique, c'est du vol! Le vote avec les reçus imprimés, ce n'est pas compliqué, les gens vont s'adapter», a déclaré Roxana Guimaraes, infirmière de 45 ans.

Préparer le terrain pour contester le résultat en cas de défaite ?

Pour les analystes, le dirigeant d'extrême droite tente de préparer le terrain pour contester le résultat en cas de défaite, à l'image de l'ex-président américain Donald Trump, dont il est un fervent admirateur.

À Copacabana, un grand drapeau brésilien avec l'inscription «Patria Amada» (patrie aimée), slogan officiel du gouvernement Bolsonaro, a été hissé au sommet d'une grue, flottant dans le ciel bleu de la plage la plus touristique de Rio.

Le président Bolsonaro n'a pas pris part directement à la manifestation qui a également réuni plusieurs milliers de personnes à Brasilia, mais il a prononcé un discours par visioconférence, réitérant qu'il n'accepterait pas des élections qui ne seraient pas «propres et démocratiques». Il a ajouté qu'il ferait «tout le nécessaire» pour imposer l'impression de reçus en papier pour le vote électronique.

Bolsonaro fait planer les menaces

Jeudi, durant son direct hebdomadaire sur Facebook, le chef de l'Etat a fait état pendant plus de deux heures de sa conviction de fraudes lors des deux dernières présidentielles, estimant notamment qu'il aurait dû être élu dès le premier tour en 2018.Mais il n'a pas présenté la moindre preuve, tandis que le Tribunal Supérieur Electoral (TSE) assure que le système actuel est totalement transparent et n'a jamais été émaillé d'irrégularités.

Il y a trois semaines, Jair Bolsonaro avait déjà suscité une levée de boucliers en semant le doute sur la réalisation du scrutin de 2022. «Ou nous faisons des élections propres au Brésil, ou il n'y aura pas d'élections», avait-il affirmé.

Il avait traité d'«imbécile» le président du TSE, Luis Roberto Barroso, qui estime que l'impression de reçus en papier pourrait au contraire exposer le vote «aux risques de manipulation du passé».

Le week-end dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté au Brésil pour réclamer la destitution du président Bolsonaro, très critiqué pour sa gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 550.000 morts dans le pays.