Libye : Le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi évoque une candidature à la présidentielle

POLITIQUE Seif al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, veut « restaurer l’unité perdue » de la Libye après une décennie de chaos

20 Minutes avec AFP
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Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, lors de son procès en mai 2014.
Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, lors de son procès en mai 2014. — RIPOLI, LIBYE CRÉDITMAHMUD TURKIA / AFP

Un autre Khadafi pour diriger la Libye ? Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, veut « restaurer l’unité perdue » de la Libye après une décennie de chaos et évoque une candidature à la présidentielle, dans une rare interview accordée au New York Times.

Les hommes politiques libyens n’ont « apporté que misère. L’heure est au retour dans le passé. Le pays est à genoux (…), il n’y a pas d’argent, pas de sécurité. Il n’y a pas de vie ici », a déclaré Seif al-Islam, 49 ans, réapparu pour la première fois depuis des années.

Un « homme libre » qui organise son retour en politique

En 2011, après quatre décennies d’un pouvoir sans partage, Mouammar Kadhafi et ses proches sont tombés sous le coup d’un soulèvement populaire, éliminés, emprisonnés ou forcés à l’exil. Trois des fils Kadhafi ont été tués, mais le sort du quatrième, Seif al-Islam, qui a longtemps fait figure de successeur à son père, est resté un mystère.

Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten, dans le nord-ouest de la Libye, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif. Le groupe le détenant a néanmoins refusé de le livrer aux autorités ou à la Cour pénale internationale (CPI), qui le recherche pour « crimes contre l’humanité », mais l’a libéré en 2017. Seif al-Islam affirme aujourd’hui qu’il est désormais un « homme libre » et qu’il organise un retour politique, sans indiquer précisément comment, a-t-il indiqué au New York Times.

Un gouvernement provisoire mis en place en mars

Après une décennie de lutte pour le pouvoir sur fond d’ingérences étrangères, la Libye s’est dotée en mars d’un gouvernement provisoire chargé d’unifier les institutions d’ici à un double scrutin législatif et présidentiel prévu en décembre.

Une éventuelle candidature de Seif al-Islam serait confrontée à un problème de taille : sa condamnation par un tribunal libyen et le mandat d’arrêt de la CPI. Lui est « convaincu que ces questions juridiques pourraient être négociées si une majorité du peuple libyen le choisissait comme chef », écrit le New York Times, qui conclut : « Seif semble croire que lui seul peut représenter l’Etat pour tous les Libyens ».