Florence Cassez demande à purger sa peine en France

MEXIQUE En visite officielle, Nicolas Sarkozy a annoncé que la Française allait demander son transfèrement...

Vincent Vantighem

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Nicolas Sarkozy a entamé lundi une courte visite d'Etat au Mexique marquée par le cas de Florence Cassez, cette Française lourdement condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie et qui pourrait purger sa peine en France.
Nicolas Sarkozy a entamé lundi une courte visite d'Etat au Mexique marquée par le cas de Florence Cassez, cette Française lourdement condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie et qui pourrait purger sa peine en France. — Luis Acosta AFP
De notre envoyé spécial à Mexico

Mieux vaut être coupable en France qu’innocente au Mexique. Une semaine après avoir été condamnée en appel à 60 ans de prison pour une série d’enlèvements, c’est la conclusion à laquelle est arrivée Florence Cassez. En visite officielle au Mexique, Nicolas Sarkozy a confié ce lundi que la Française de 34 ans allait «demander son transfèrement en France». Ce que son avocat français, Frank Berton a confirmé, plus tard dans la soirée: «Elle demande à purger sa peine en France», a-t-il déclaré après que le président français a annoncé qu’une commission juridique franco-mexicaine allait se pencher sur cette question dès mardi et qu’elle rendrait ses conclusions dans trois semaines. Sa peine devrait être commuée en 20 ans de prison.

Non à la grâce

«Au plus mal», selon Frank Berton, Florence Cassez a donc finalement renoncé à clamer son innocence, condition sine qua non à ce transfèrement. Pour Felipe Calderon, c’est aussi un moyen de sortir par le haut de cet épineux dossier. Coincé entre son amitié renaissante avec la France et une opinion publique franchement hostile à la libération de la Française, le président mexicain a marché sur des œufs pour obtenir la moins pire des solutions. Oui à son transfert vers l’Hexagone. Non à la grâce présidentielle, cette dernière hypothèse n’ayant même pas été évoquée, lundi.

8.000 enlèvements par an

Mais cela ne devrait pas faire plaisir à tout le monde au Mexique. Lundi, dans les colonnes de «Reforma» (un quotidien mexicain de centre droit), le président de la Commission de défense des Droits de l’homme ne se gênait pas pour dire que le transfèrement était «un très mauvais message envoyé aux victimes d’enlèvements». Et selon les chiffres officiels, elles seraient plus de 8.000 par an. C’était sans compter sur Nicolas Sarkozy. Lundi après-midi, le président a bousculé son agenda pour rencontrer l’association de défense des victimes d’enlèvements au Mexique et leur assurer que la France était solidaire pour lutter contre cette «épidémie effroyable d’enlèvements». Histoire de ménager la chèvre et le chou.