Sécheresse : La malnutrition des enfants pourrait quadrupler dans le sud de Madagascar

ALERTE Dans la région la plus durement touchée, la malnutrition aiguë globale atteint 27 %

20 Minutes avec agences
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Des enfants attendant pour de la nourriture dans le village de Fenoaivo, à Madagascar, en novembre 2020. (Illustration)
Des enfants attendant pour de la nourriture dans le village de Fenoaivo, à Madagascar, en novembre 2020. (Illustration) — Laetitia Bezain/AP/SIPA

La situation est alarmante. Un demi-million d’enfants de moins de cinq ans vont souffrir de malnutrition aiguë dans le sud de Madagascar frappé par une sécheresse exceptionnelle, ont mis en garde le Programme alimentaire mondial (PAM) et l' Unicef, lundi.

Les enfants souffrant de malnutrition aiguë vont être quatre fois plus nombreux, par rapport à la précédente évaluation d’octobre 2020, préviennent ces agences de l’ONU dans un communiqué, avec des conséquences « irréversibles pour leur croissance et développement ».

« Nous ne pouvons pas tourner le dos à ces enfants »

« Ce qui se passe actuellement dans le sud de Madagascar est déchirant, nous ne pouvons pas tourner le dos à ces enfants », a souligné Moumini Ouedraogo, représentant du PAM à Madagascar, appelant à « redoubler d’efforts » pour lever les fonds nécessaires. Plus de 1,14 million de Malgaches, sur une zone vaste comme la Bulgarie ou Cuba (111.200 km2), souffrent de la faim.

La rareté des pluies depuis quatre ans a rendu l’agriculture impossible. Et des tempêtes de sable ont transformé de vastes étendues de terres arables en friches. Des ravages liés au réchauffement climatique, affirme l’ONU. Quelque 14.000 Malgaches ont déjà atteint le niveau cinq, soit la phase « catastrophe, quand les gens n’ont plus rien à manger » et ce nombre pourrait doubler d’ici octobre.

« Nous devons agir maintenant »

La région la plus durement touchée, autour d’Ambovombe-Androy, où la malnutrition aiguë globale atteint 27 %, « risque de connaître la famine si des mesures urgentes ne sont pas prises », prévient encore le communiqué, précisant que cette crise a été aggravée par « des structures de santé faibles et un accès limité à l’eau ».

« En donnant aux familles un accès à de l’eau potable et en traitant les enfants malnutris avec des aliments thérapeutiques, des vies peuvent être sauvées. Mais nous devons agir maintenant », affirme Michel Saint-Lot, représentant de l’Unicef dans le pays. La rareté des aliments de base sur les marchés fait aussi flamber les prix, soulignent les agences de l’ONU, rappelant qu’elles travaillent avec le gouvernement depuis l’an dernier pour faire face à cette famine.