Corée : Séoul et Pyongyang amorcent un rapprochement en rétablissant leurs communications

DIPLOMATIE Ce rapprochement inattendu intervient plus d’un an après la suspension des communications entre les deux pays

20 Minutes avec AFP
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Kim Jong Un, le leader nord-coréen.
Kim Jong Un, le leader nord-coréen. — AP/SIPA

Un premier rapprochement diplomatique. Les relations intercoréennes viennent contre toute attente de se réchauffer, avec le rétablissement mardi des canaux de communication entre Pyongyang  et Séoul plus d’un an après leur suspension, ainsi que des échanges de lettres entre leurs dirigeants.

Cette décision, qui a été simultanément annoncée par les deux capitales, coïncide avec l’anniversaire de la fin de la Guerre de Corée (1950-1953). Il s’agit de la première annonce positive depuis la série de sommets, en 2018, entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong-un, qui n’avaient permis aucune percée diplomatique d’importance.

Encore en état de guerre

Les deux camps, qui sont encore techniquement en état de guerre, ont annoncé que les deux hommes avaient échangé depuis avril des lettres et décidé que le rétablissement des canaux de communication serait une première étape productive vers une reprise des relations.

« Les plus hauts dirigeants du Nord et du Sud sont tombés d’accord pour faire un grand pas vers le rétablissement de la confiance mutuelle et la promotion de la réconciliation en restaurant les lignes de communication intercoréennes qui ont été suspendues », rapporte l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

La Corée du Nord avait unilatéralement coupé tous ces canaux officiels de communication militaire et politique en juin 2020 après avoir dénoncé l’envoi sur son territoire de tracts de propagande anti-Pyongyang par des militants basés au Sud.

Premier appel téléphonique

Cette suspension était intervenue au moment où les discussions intercoréennes étaient au point mort, deux ans après les trois sommets qui avaient réuni en 2018 le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in. Mais contre toute attente, les deux camps ont annoncé que toutes les communications avaient été rétablies mardi matin. Ils ont échangé un premier appel téléphonique dans la matinée, a annoncé le ministère sud-coréen de l’Unification. Et le bureau de Moon Jae-in y a vu une première étape vers l’amélioration des relations. « Les deux dirigeants ont décidé de restaurer la confiance mutuelle entre les deux Corée dès que possible et d’avancer à nouveau dans la relation », a-t-il dit.

Moon fut l’un des principaux artisans du rapprochement intercoréen de 2018, qui s’était déroulé dans le contexte des Jeux olympiques de Pyeongchang. Il avait débouché sur le premier sommet de l’histoire entre un leader nord-coréen et un président américain en exercice, en l’occurrence Donald Trump. Cette première rencontre avait eu lieu en juin 2018 à Singapour et avait été suivie de deux autres entrevues entre MM. Kim et Trump.

« Première réponse de Kim »

Depuis que le président américain Joe Biden est entré en fonction en janvier, Pyongyang et Washington ont adopté une attitude de très grande prudence, aux antipodes de la diplomatie des années Trump, qui avait oscillé entre l’échange d’insultes et les embrassades devant les médias du monde entier.

En juin, Kim Jong-un avait estimé que Pyongyang devait à la fois se préparer « au dialogue et à la confrontation » avec Washington, en insistant particulièrement sur la possibilité d’une « confrontation ». La Maison-Blanche avait promis de son côté « une approche calibrée, pratique, ouverte à la diplomatie » avec la Corée du Nord, plaidant pour une approche « réaliste » par voie diplomatique, en étroite consultation avec la Corée du Sud et le Japon.

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord Sung Kim a proposé en juin de rencontrer des envoyés de Pyongyang « n’importe où, n’importe quand, sans conditions préalables ». Des experts ont estimé mardi que le rétablissement des communications était une forme de réponse de Kim Jong-un à la proposition américaine de dialogue.