Japon : Un Français poursuit sa grève de la faim pour revoir ses enfants enlevés par leur mère en 2018

DROITS PARENTAUX Vincent Fichot n’a plus revu ses enfants, aujourd’hui âgés de 4 et 6 ans, depuis le départ de son épouse japonaise en août 2018

20 Minutes avec agences
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Le Français Vincent Fichot a entamé une grève de la faim le 10 juillet dernier à Tokyo.
Le Français Vincent Fichot a entamé une grève de la faim le 10 juillet dernier à Tokyo. — PIERRE EMMANUEL DELETREE /SIPA

Vincent Fichot, un Français dont les enfants ont été enlevés en 2018 par leur mère japonaise, a entamé ce dimanche une troisième semaine de grève de la faim à Tokyo (Japon). Alors qu’il était sur place pour l’ouverture des Jeux olympiques, Emmanuel Macron a évoqué la veille avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga la « situation extrêmement tragique » de ce trentenaire selon l’Elysée, faisant part de sa volonté d’aboutir à des « résultats ».

« C’est bien que Suga et Macron aient quand même parlé de mon cas (…), mais ça ne change rien à la situation dans laquelle sont mes enfants, donc je continue », a déclaré dimanche M. Fichot. « La France ne sait même pas si mes enfants sont en vie ou pas, et on qualifie la relation entre le Japon et la France d’exceptionnelle (…). C’est hallucinant, c’est le 'business' avant et nos enfants après », s’était-il aussi indigné.

En grève de la faim depuis le 10 juillet

Depuis le 10 juillet, cet ancien employé dans la finance âgé de 39 ans est installé nuit et jour sur un tapis de yoga, sous le préau d’une gare près du stade olympique. Sa santé commence à se dégrader et il dit souffrir désormais au moindre effort. Après avoir tout essayé devant la justice japonaise, il a entrepris cette action dans l’espoir de pousser Paris à prendre des « sanctions » contre le Japon pour non-respect de ses engagements internationaux sur les droits de l’enfant.

Le principe de la garde partagée en cas de séparation des parents n’existe pas au Japon. Aussi l’enlèvement parental est une pratique répandue et tolérée dans le pays. Des associations locales estiment que les enlèvements parentaux concernent 150.000 enfants chaque année dans l’archipel.

Information judiciaire ouverte en France

En août 2018, l’épouse japonaise de Vincent Fichot est partie de leur domicile avec leurs deux enfants, aujourd’hui âgés de 4 et 6 ans. Il ne les a plus revus depuis. Installé depuis 15 ans au Japon, l’homme est devenu un « porte-parole » pour beaucoup de Japonais dans la même situation que lui, estime François Roussel, conseiller des Français de l’étranger élu au Japon.

Une information judiciaire pour soustraction de mineurs visant son épouse a été ouverte en France fin 2020 et le Français fait partie d’un groupe de dix parents de quatre pays différents ayant porté plainte contre le Japon auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2019. Mais d’ici « 2-3 mois », la justice japonaise prononcera son divorce et à partir de là, il n’aura « plus aucun lien juridique » avec son garçon et sa fille, explique-t-il. « Je tenais vraiment à maintenir ce lien pour donner à la France un moyen de négocier un retour de mes enfants (…) et là, la France vient de gaspiller la dernière cartouche. »