Inondations en Inde : Le bilan s’alourdit à au moins 115 morts après les fortes pluies et les glissements de terrain

CATASTROPHE NATURELLE Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues dans les environs de Bombay

20 Minutes avec AFP
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Opération de secours à Chiplun (Maharashtra) en Inde le 23 juillet 2021.
Opération de secours à Chiplun (Maharashtra) en Inde le 23 juillet 2021. — /AP/SIPA

De la boue et des débris jusqu’aux genoux, les secouristes tentaient ce samedi de retrouver des survivants après les fortes pluies de mousson accompagnées de glissements de terrain, d’éboulements et d'inondations qui ont fait au moins 115 morts dans l’ouest de l'Inde. Près de 150.000 habitants ont dû être évacués à travers le pays et des dizaines de personnes étaient toujours portées disparues dans les environs de Bombay, la principale place financière du pays et capitale de l’Etat du Maharashtra où la quasi-totalité des décès ont été enregistrés.

Dans la petite localité située à flanc de colline de Taliye, au sud de cette agglomération de 20 millions d’âmes, seules deux structures en béton sont encore debout après qu’une coulée de boue eut rasé jeudi en quelques minutes des dizaines de maisons, ont raconté des témoins de la catastrophe. « C’est arrivé si vite », lâche l’un d’eux, Dilip Pandey. « Il y a eu un son qui est passé à toute vitesse et le village s’est tout simplement effondré ».

Les équipes de secours ont essayé, des heures durant, de dégager d’éventuels survivants mais ne sont parvenues à extraire que des corps sans vie, au grand désarroi des proches des villageois. Dans la station balnéaire de Mahabaleshwar, environ 60 centimètres de pluie sont tombés en 24 heures – jusqu’à vendredi matin –, selon les services météorologiques. Des quartiers de Chiplun, à 250 km de Bombay, ont été noyés jeudi sous jusqu’à six mètres d’eau.

« Enormes dégâts »

Le chef du gouvernement du Maharashtra, Uddhav Thackeray, a souligné que les services d’urgence peinaient à atteindre des quartiers de cette localité désormais isolés, en raison de l’état des routes et des dégâts causés à des ponts par les crues. La marine a mobilisé sept équipes avec des canots gonflables ainsi que des plongeurs spécialisés et un hélicoptère pour hélitreuiller les victimes des intempéries.

La tâche des secouristes était rendue difficile par les glissements de terrain qui bloquaient des axes routiers, y compris l’autoroute entre Bombay et Goa, plus au sud.
L’Etat de Goa a d’ailleurs connu les plus graves inondations en un demi-siècle, ont déclaré les autorités locales. La mousson y a fait d'« énormes dégâts » mais pas de morts, a assuré le chef de son gouvernement Pramod Sawant. « Les gens ont pratiquement tout perdu », a pour sa part affirmé le ministre de la Santé de l’Etat de Goa Vishwajit Rane, signalant que plus de 1.000 maisons avaient subi de graves dommages.

Des inondations se sont aussi produites dans l’Etat du Karnataka, également dans le sud-ouest de l’Inde, où trois personnes ont péri et dont 9.000 habitants ont été évacués, ont dit des responsables officiels. Les services météorologiques indiens ont placé plusieurs régions de cet Etat en alerte rouge, précisant que les fortes précipitations devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Des glissements de terrains fréquents en Inde

Aux pluies torrentielles de mousson, se sont ajoutées des marées à fort coefficient et des libérations d’eau de plusieurs barrages mis sous pression par l’accumulation des réserves, a de son côté fait savoir le gouvernement du Maharashtra. Inondations et glissements de terrain sont fréquents en Inde pendant la saison de la mousson (juin-septembre), qui voit souvent des bâtiments anciens s’effondrer après des jours de pluie ininterrompue.

Nouvelle catastrophe liée aux intempéries. Des glissements de terrain et des inondations ont fait au moins 76 morts dans l’ouest de l'Inde. Au moins 59 personnes étaient encore portées disparues, a précisé le gouvernement de l’Etat de Maharashtra, dont Bombay est la capitale, à la suite de multiples incidents liés à la mousson.

« Quarante-trois personnes sont mortes dans trois glissements de terrain dans le district. Les opérations de secours continuent », a déclaré à l’AFP Sagar Pathak, responsable de la gestion des catastrophes dans le district de Raigad, au sud de Bombay.

Deux autres personnes sont mortes dans des éboulements dans le district de Satara, a indiqué à l’AFP Anirudha Ashtaputre, porte-parole du gouvernement de l’Etat de Maharashtra, et une quinzaine sont portées disparues.

Opérations de secours difficiles

La marine et l’armée de l’air sont intervenues pour venir en aide aux milliers de personnes affectées par des inondations. Mais les opérations de secours sont compliquées par les éboulements qui ont coupé plusieurs routes, en particulier l’autoroute entre Bombay et Goa.

Plus de 24 heures d’intenses précipitations ininterrompues ont fait sortir de son lit le fleuve Vashishti. Des quartiers de la localité de Chiplun, à 250 km de Bombay, étaient noyés sous 3,5 mètres d’eau.

Le chef du gouvernement du Maharashtra, Uddhav Thackeray, a indiqué que les services d’urgence peinaient à atteindre des quartiers de Chiplun désormais isolés, en raison de l’état des routes et des ponts endommagés par les inondations.

La marine a mobilisé sept équipes de secours équipées de canot gonflables, de gilets de sauvetage et de bouées sur les zones touchées, ainsi que des chauffeurs spécialisés et un hélicoptère pour hélitreuiller les personnes naufragées.

Pluies torrentielles et fort coefficent de marées

Le département météorologique indien a placé plusieurs régions de l’Etat en alerte rouge, en précisant que les fortes pluies devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Aux pluies torrentielles de mousson, se sont ajoutés des marées à fort coefficient et des libérations d’eau de plusieurs barrages mis sous pression par l’accumulation des réserves, selon le gouvernement du Maharashtra.

Inondations et glissements de terrain sont fréquents en Inde pendant la saison de la mousson (juin-septembre), qui voit souvent d’anciens bâtiments s’effondrer après des jours de pluie ininterrompue.

Les autorités ont annoncé vendredi la mort de 4 personnes pendant la nuit dans l’effondrement d’un bâtiment d’un bidonville de Bombay, moins d’une semaine après que 34 personnes ont été écrasées par l’effondrement d’un mur, consécutif à un glissement de terrain dû aux fortes pluies.

Les pluies ont également provoqué l’inondation d’un centre de traitement des eaux, interrompant la distribution d’eau dans « la plupart des quartiers de Bombay », ont indiqué les autorités de cette ville de 20 millions d’habitants.

Le changement climatique intensifie les phénomènes de mousson en Inde, selon un rapport de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam (PIK). Ce rapport alerte sur les possibles conséquences de cette évolution sur l’alimentation, l’agriculture et l’économie dans un pays représentant le cinquième de la population mondiale.