« Projet Pegasus » : Accusé d’espionnage, le Maroc attaque Forbidden Stories et Amnesty en diffamation

JUSTICE L’Etat marocain dénonce des allégations mensongères de la part de ces deux organisations

M.F avec AFP

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Le Maroc est accusé d'avoir eu recours au logiciel d'espionnage Pegasus.
Le Maroc est accusé d'avoir eu recours au logiciel d'espionnage Pegasus. — Diego Radames/Shutterstock/SIPA

Acculé depuis le début de la semaine, le Maroc réplique. « Le royaume du Maroc et son ambassadeur en France, Chakib Benmoussa » ont décidé d’attaquer en diffamation Amnesty international et Forbidden Stories, a annoncé leur avocat Me Olivier Baratelli dans un communiqué. Les deux associations à l’origine des révélations du «projet Pegasus», potentiellement l’une des plus grosses affaires d’espionnage mondiale, accusent les services de renseignement marocains d’avoir ciblé les téléphones de journalistes et de personnalités politiques françaises dont le président Emmanuel Macron.

Pour ces deux citations directes en diffamation, une première audience procédurale est prévue le 8 octobre devant la chambre spécialisée en droit de la presse, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans. De son côté, le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour notamment « atteinte à la vie privée », « interception de correspondance », « accès frauduleux » à un système informatique et « association de malfaiteurs ».

Des « allégations mensongères »

L’Etat marocain « souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée », accuse Olivier Baratelli. L’avocat, déplore un « procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toutes pièces pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France ». Le royaume chérifien « entend ne pas laisser impunis les multiples mensonges et les fake news propagés ces derniers jours ».

Dès lundi, le gouvernement marocain s’était défendu en démentant avoir acquis des « logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication ». Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé mercredi « l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations ».

Le Drian et Darmanin également ciblés

Introduit dans un smartphone, ce logiciel conçu par la société israélienne NSO permet d’en récupérer les messages, photos, contacts, et d’activer à distances les micros. La liste des cibles potentielles comprend les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse du consortium qui en a localisé beaucoup au Maroc, en Arabie saoudite ou encore au Mexique.

Mardi, Le Monde et Radio France, membres du consortium, ont révélé qu’une ligne de téléphone du président français faisait partie des « numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain (…) pour un potentiel piratage ». L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, 14 membres du gouvernement dont Jean-Yves Le Drian et Gérald Darmanin, ainsi que d’anciens ministres et des responsables politiques figurent également sur cette liste selon ces médias.