Brexit : Boris Johnson presse l’Europe d’étudier ses propositions pour renégocier le protocole en Irlande du Nord

ECONOMIE Le Premier ministre britannique demande que les biens britanniques destinés à la province et non au marché européen puissent y accéder « presque » sans contrôles douaniers. Ce que Bruxelles refuse

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, le 9 décembre 2020 à Bruxelles, à la veille de l'accord sur le Brexit.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, le 9 décembre 2020 à Bruxelles, à la veille de l'accord sur le Brexit. — Olivier Hoslet

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a pressé ce jeudi l’Union européenne d’étudier « sérieusement » ses propositions pour renégocier les dispositions post- Brexit en Irlande du Nord, ce que  Bruxelles refuse en l’état.

Lors d’un appel avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le chef du gouvernement conservateur a jugé que le protocole nord-irlandais régissant les échanges avec la province britannique n’était « pas viable » et « a exhorté l’UE à examiner sérieusement les propositions » formulées par son gouvernement mercredi, a indiqué Downing Street dans un communiqué.

De son côté, Ursula von der Leyen a assuré que l’UE se montrerait « créative et flexible dans le cadre du protocole ». « Mais nous ne le renégocierons pas », a-t-elle averti sur Twitter.

Approvisionnements perturbés

Pour éviter le retour d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, le protocole nord-irlandais, âprement négocié dans le cadre du Brexit, crée de fait une frontière douanière entre la province britannique, qui bénéficie toujours du marché unique européen, et l’île de Grande-Bretagne. Cela perturbe les approvisionnements du territoire et sème la colère dans la communauté unioniste attachée au maintien au sein du Royaume-Uni.

Mercredi, le gouvernement britannique a demandé « un changement significatif du protocole ». En attendant une renégociation, il a demandé un moratoire comprenant la prolongation des périodes de grâce en vigueur sur certains contrôles ainsi que le gel des actions juridiques intentées par l’UE.

Londres demande que les biens britanniques destinés à la province et non au marché européen puissent y accéder « presque » sans contrôles douaniers. Il souhaite aussi que ses normes, et non seulement celles de l’UE, y soient acceptées afin que les marchandises circulent sans entrave.

L’UE veut protéger son marché

L’UE a toujours rejeté de telles mesures, y voyant un danger pour l’intégrité de son propre marché faute de frontière physique et de contrôle entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, au sud.

L’objectif du protocole est justement d’éviter une telle frontière, qui pourrait compromettre la paix obtenue en 1998 après trois décennies de Troubles entre unionistes, surtout protestants, et républicains en majorité catholiques (3.500 morts). Effectif depuis le 1er janvier, il maintient pour cela la province britannique dans le marché unique et l’union douanière européens pour les marchandises, en prévoyant des contrôles douaniers sur les biens arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne, séparées par la mer.