Sans titre 308879

— 

Photojournaliste et collaborateur régulier de notre quotidien, Olivier Touron se passionne pour la Turquie et les Kurdes depuis une dizaine d'années. C'est ainsi qu'il a rencontré Farachine et sa famille, des Kurdes de Turquie qui ont émigré en France dans les années 1990 pour échapper à la vague de répressions de l'armée turque. Mais Farachine, la fille de la famille, va décider, à la fin de son adolescence, de faire le chemin inverse de ses parents. A 17 ans, elle décide de rejoindre la guérilla du PKK, dans les montagnes du Kurdistan irakien. « Armée de défense du peuple kurde, organisation politique, centre de formation idéologique, le mouvement, clandestin, est composé d'hommes et de femmes dont le nombre exact reste mystérieux », écrit Olivier Touron. Elle compte des Kurdes venus d'Irak, d'Iran, de Syrie, et, bien sûr, de Turquie. Mais aussi des hommes et des femmes, regroupées au sein d'une branche militaire autonome, l'YJA-Star. Au sein du PKK, en effet, hommes et femmes combattent sur un pied d'égalité, au motif que la femme kurde représente plus de la moitié du peuple kurde. Pour Farachine, qui se souvient des préceptes archaïques de la société dans laquelle elle a grandi, en Turquie, ce nouveau statut est une belle revanche. De même que le retour au collectivisme préconisé par l'organisation, qu'elle trouve plus intéressante que le consumérisme auquel elle a goûté en France. Malgré tout, le quotidien qu'elle s'est choisi n'est pas toujours facile. Et depuis 2006 et la reprise des affrontements avec l'armée turque, il est en outre extrêmement risqué. Cela fait cinq ans qu'Olivier Touron n'a plus revu Farachine. Mais il a écrit cette histoire pour elle, « Farachine, paysage de la rébellion kurde ».■ Armelle Le Goff

Amazone Farachine, rebelle kurde,

Olivier Touron (Michel Lafon, 17,95 euros).