L'attaque en Irlande du Nord a été revendiquée par l'IRA-véritable

POLITIQUE Gordon Brown dénonce la lâcheté de l'attaque mais assure que cela ne fera pas dérailler le processus de paix...

AA avec agence

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Deux personnes ont été tuées dans une attaque à l'arme à feu survenue contre une base de l'armée britannique en Irlande du Nord, a annoncé samedi un porte-parole du service ambulancier.
Deux personnes ont été tuées dans une attaque à l'arme à feu survenue contre une base de l'armée britannique en Irlande du Nord, a annoncé samedi un porte-parole du service ambulancier. — Paul Faith AFP/Archives
L'attaque meurtrière de samedi contre une caserne de l'armée britannique, en Irlande du Nord, vient d'être revendiquée par la brigade South Antrim de l'IRA-véritable, branche dissidente de l'Armée républicaine irlandaise (IRA).

Une attaque qui
fait ressurgir les fantômes du passé. Ceux qui font craindre le retour du terrorisme dans le pays, comme le dit le «Guardian», comme cela a été le cas pendant trente ans en Ulster, entre 1969 à 1998. Des violences qui avaient alors causé environ 3.500 morts.

Dimanche, alors que le site Web de la BBC demande à ses internautes s'ils craignent que la paix soit menacée, et que Gerry Adams, le leader du parti catholique Sinn Fein qui cohabite avec le DUP au sein du gouvernement régional, a dénoncé une «attaque contre le processus de paix», le Premier ministre britannique Gordon Brown a réagi. Les Etats-Unis aussi.

Malgré la mort de deux soldats dans l’attaque, celle-ci ne fera pas «dérailler» le processus de paix en Irlande du Nord, a assuré Brown. «Aucun meurtrier ne pourra faire dérailler un processus de paix qui a le soutien des gens en Irlande du Nord (...) Nous allons accroître nos efforts pour que le processus de paix perdure», a promis le chef du gouvernement britannique, qui a dénoncé une attaque «lâche».

Sécurité primordiale


«Notre première priorité a toujours été la sécurité des gens en Irlande du Nord et nous ferons tout notre possible pour nous assurer que le pays soit sûr», a-t-il déclaré. Les Etats-Unis ont aussi condamné cette attaque en déclarant via un communiqué: «Nous appelons toutes les parties en Irlande du nord à rejeter explicitement de tels actes de violence absurdes dont l'intention est de détruire la paix pour laquelle tant de Nord-Irlandais ont travaillé si dur», a affirmé le porte-parole du département d'Etat Robert Wood.

La police nord-irlandaise (PSNI) a précisé que quatre autres personnes — dont deux militaires — avaient été blessées lors de l’attaque, l'une d'entre elle étant dans un état critique.

Déroulé

L'attaque a eu lieu vers 21h40, samedi, à l'état-major du génie à Masserene, dans le comté d'Antrim, au nord-ouest de Belfast. Quelque 30 à 40 coups de feu auraient été tirés.

Le député unioniste Jeffrey Donaldson a déclaré à la chaîne de télévision BBC qu'il avait compris que des hommes armés de mitraillettes avaient pénétré dans la caserne en se faisant passer pour des livreurs de pizza: «C'est une terrible attaque, a-t-il déploré. J'ai compris que des hommes armés de mitraillettes avaient pénétré dans l'entrée de la caserne de Masserene à Antrim et ouvert le feu». Les hommes sont entrés «sans doute avec une camionnette chargée de livrer des pizza».

Goût du passé?

«Cela rappelle terriblement les conséquences du terrorisme. On a eu cela dans le passé et personne voulait que cela arrive de nouveau en Irlande du Nord», a encore dit Jeffrey Donaldson. Une idée partagée par le député nationaliste Thomas Burns: «Cela nous ramène aux mauvais vieux jours que nous avions laissé depuis longtemps derrière nous


Revendication Le quotidien irlandais The Sunday Tribune a reçu un appel avec le mot de code authentifiant la revendication de cette attaque par la brigade South Antrim de l'IRA-véritable. Suzanne Breen, journaliste au quotidien, a expliqué à la chaîne de télévision britannique BBC avoir reçu un appel d'un homme."Il n'a présenté aucune excuse pour avoir attaqué les soldats britanniques à la base de Massereene et les hommes qui leur livraient des pizzas", a-t-elle indiqué. L'homme a qualifié les livreurs de pizzas, pris sous le feu des assaillants en même temps que les soldats à leur arrivée à la base, de "collaborateurs" avec la Couronne britannique, a précisé Breen. "Il a dit que des détails supplémentaires sur l'attaque seraient fournis dans les jours à venir".