Inde : Des musulmanes mises aux enchères sur Internet à leur insu

HUMILIATION Une pilote de ligne, faisant partie des dizaines de victimes de ce harcèlement en ligne destiné à humilier des musulmanes, a porté plainte afin de « faire payer ces lâches »

20 Minutes avec Agence

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Plusieurs femmes mises ont été mises aux enchères en ligne via une appli et un site internet baptisés Sulli Deals.
Plusieurs femmes mises ont été mises aux enchères en ligne via une appli et un site internet baptisés Sulli Deals. — Daina Le Lardic / Isopix / Sipa

Au moins 83 Indiennes musulmanes ont été symboliquement mises aux enchères en ligne via une appli et un site Internet baptisés Sulli Deals. Les créateurs des portails ont utilisé des photos trouvées sur la toile afin de présenter ces femmes et de les proposer à la vente. L’objectif est d’humilier et de réduire à l’état de marchandise des musulmanes ayant une importance dans la société indienne, indique la BBC.

Sulli est d’ailleurs une insulte utilisée par les Hindouistes d’extrême-droite pour désigner les musulmanes en Inde. « Je suis une femme musulmane qu’on voit et qu’on entend. Et ils veulent nous réduire au silence », a témoigné Hana Khan, une pilote de ligne ayant été virtuellement mise en vente. Elle a raconté avoir été alertée par le tweet d’une amie. « Ils avaient pris ma photo sur Twitter et […] mon nom d’utilisatrice », a expliqué la commandante de bord.

Plusieurs plaintes déposées

Hana Khan a confié avoir eu « froid dans le dos » lorsqu’elle a compris que « cette appli fonctionnait depuis vingt jours et on ne le savait même pas ». Parmi les femmes ainsi mises aux enchères figurent des chercheuses, des journalistes, des militantes ou des artistes. Certaines ont depuis supprimé leurs comptes sur les réseaux sociaux. « Peu importe votre force, quand votre photo et vos informations personnelles sont rendues publiques, ça fait peur », a commenté une victime.

D’autres ont choisi d’évoquer sur la toile le harcèlement​ qu’elles ont subi. Plusieurs plaintes ont par ailleurs été déposées, dont une par Hana Khan. « Je suis déterminée […] à faire payer ces lâches pour ce qu’ils ont fait, a-t-elle écrit sur Twitter le 7 juillet dernier. […] Je suis un compte apolitique ciblé à cause de ma religion et de mon genre ». GitHub, hébergeur de Sulli Deals, a rapidement suspendu l’appli après les premiers signalements.