Haïti : Les funérailles du président assassiné auront lieu le 23 juillet

OBSEQUES Son épouse Martine Moïse, blessée pendant l’attaque et hospitalisée à Miami, devrait rentrer en Haïti pour assister aux funérailles

B.D. avec AFP
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Photo d'archives du 23 mai 2018, montrant le président haïtien Jovenel Moise et son épouse, Martine Moise, au palais national de Port-au-Prince, à Haïti.
Photo d'archives du 23 mai 2018, montrant le président haïtien Jovenel Moise et son épouse, Martine Moise, au palais national de Port-au-Prince, à Haïti. — HECTOR RETAMAL / AFP

Les funérailles du président haïtien assassiné auront lieu le 23 juillet, ont annoncé les autorités vendredi, au moment où l’ancien chef d’Etat, Jean-Bertrand Aristide, était accueilli par ses partisans à Port-au-Prince après avoir suivi un traitement médical à Cuba.

Les obsèques de Jovenel Moïse auront lieu le 23 juillet dans la ville de Cap-Haïtien, a annoncé le gouvernement neuf jours après l’assassinat du dirigeant à son domicile par un commando armé. Son épouse Martine Moïse, blessée pendant l’attaque et hospitalisée à Miami, devrait rentrer en Haïti pour assister aux funérailles, a précisé le Premier ministre par intérim, Claude Joseph, lors d’une conférence de presse.

Zones d'ombre

La police haïtienne a arrêté une vingtaine de personnes, dont plusieurs anciens militaires colombiens accusés d’avoir fait partie du commando venu tuer Jovenel Moïse, mais d’importantes zones d’ombre subsistent dans l’enquête. La police colombienne, qui mène aussi une enquête, a affirmé vendredi qu’un ancien fonctionnaire haïtien du ministère de la Justice, Joseph Felix Badio, avait donné l’ordre à deux des mercenaires colombiens d’assassiner le président

Les membres du commando avaient au départ reçu pour instruction d’arrêter Jovenel Moïse, a déclaré Jorge Vargas, chef de la police colombienne, jusqu’à ce que la consigne change, environ trois jours avant l’opération. Joseph Félix Badio fait l’objet d’un avis de recherche lancé par les autorités haïtiennes, comme l’ancien sénateur John Joel Joseph, tous deux étant décrits comme des individus « dangereux et armés ». Les forces de l’ordre colombiennes n’ont toutefois pas précisé si Joseph Felix Badio avait agi sur l’ordre de commanditaires, ni les raisons qui l’ont poussé à donner cette directive.

« L’enquête aboutira »

Un mystérieux commanditaire présumé, Christian Emmanuel Sanon, un Haïtien venu de Floride, a été arrêté dimanche par la police haïtienne. L’apparente facilité avec laquelle les assaillants sont parvenus à tuer Jovenel Moïse ayant éveillé des soupçons envers son équipe de sécurité, son chef Dimitri Hérard et trois autres responsables ont été placés à l’isolement, et 24 agents ont été frappés de mesures conservatoires. « L’enquête aboutira », a promis Claude Joseph vendredi, affirmant que cette investigation était « la chose la plus importante » pour lui.

Au même moment, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide a fait son retour sur l’île, attendu par plusieurs centaines de ses soutiens. Il s’était rendu à Cuba fin juin pour être soigné du Covid-19. Ancien prêtre catholique, Jean-Bertrand Aristide a été le premier président élu d’Haïti. Renversé par un coup d’Etat en 1991, il s’était exilé, avant de rentrer en Haïti en 1994 à la suite d’une intervention américaine. Il était ensuite redevenu président en 2001, pour démissionner en 2004 sous pression des Etats-Unis, de la France et du Canada, confronté à une insurrection armée et une révolte populaire. Il avait alors rallié l’Afrique du Sud, avant d’à nouveau rentrer en Haïti en 2011.