Coronavirus : La Chine balaie les critiques du directeur l'OMS au sujet de l'origine de la pandémie

ENQUETE Le directeur de l’organisation internationale, qui a demandé ce vendredi un contrôle des laboratoires en Chine, reproche à Pékin son manque de coopération dans l’enquête

20 Minutes avec AFP
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Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en mai à Genève (Suisse).
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en mai à Genève (Suisse). — Laurent Gillieron/AP/SIPA

Un dialogue sous tension. Pékin a rejeté vendredi les critiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le manque supposé de coopération de la Chine dans l’enquête sur l’origine de la pandémie de Covid-19. L’empire du Milieu, où les premiers cas ont été détectés à Wuhan, dans le centre du pays, en 2019, doit « mieux coopérer » pour comprendre ce qui s’est « véritablement passé », a estimé jeudi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’organisation internationale établie à Genève (Suisse) fait face à une pression croissante pour une nouvelle enquête approfondie sur les origines du Covid-19. En janvier, l’envoi en Chine par l’OMS d’une mission d’experts n’avait pas permis de faire toute la lumière sur le Covid-19, qui a déjà fait plus de 4 millions de morts à travers le monde.

Les experts ont obtenu « une grande quantité de données »

Devant la presse, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a notamment évoqué jeudi le manque de partage par Pékin de « données brutes » sur le virus, un « problème » selon lui. Invité à réagir, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a affirmé vendredi que « certaines informations concernant la vie privée ne [pouvaient] être copiées et sorties du pays ». Les experts de l’OMS ont toutefois pu « obtenir une grande quantité de données », et la Chine leur « a montré ligne par ligne » celles qui nécessitaient « une attention particulière », a-t-il souligné.

Le porte-parole a également rejeté les affirmations du directeur de l’OMS selon lesquelles « il y a eu une tentative prématurée » d’écarter la théorie de l’accident de laboratoire. Longtemps balayée d’un revers de la main par la plupart des experts, cette théorie portée aux Etats-Unis par l’ex-administration Trump revient en force ces derniers mois dans le débat américain. « Cette question ne devrait pas être politisée », a regretté le porte-parole chinois.

Dans le cadre de la suite de son enquête, l’OMS a demandé vendredi le « contrôle des laboratoires » où les premiers cas de Covid-19 ont été identifiés en Chine. Pour faire avancer l’étude, l’organisation estime qu’il faut mener des études ou des actions dans cinq principaux domaines, dont « des établissements de recherche concernés actifs dans la région où les premiers cas humains ont été identifiés en décembre 2019 », a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une réunion avec les représentants des Etats membres.