Afrique du Sud: Les violences et les pillages font 72 morts

EMEUTES Avec la pandémie, le chômage a atteint un taux record de 32,6 %. L’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma a également mis le feu aux poudres

20 Minutes avec AFP
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Un militaire devant un magasin pillé à Johannesburg, le 13 juillet 2021.
Un militaire devant un magasin pillé à Johannesburg, le 13 juillet 2021. — Themba Hadebe/AP/SIPA

Depuis l’incarcération jeudi de l’ex-président Jacob Zuma, la situation est particulièrement dramatique en Afrique du Sud. Les violences, nourries par un ras-le-bol général sur fond de crise économique, se sont intensifiées avec un dernier bilan mardi soir faisant état de 72 morts. L’ Union africaine a pour sa part condamné « avec la plus grande fermeté la flambée de violence qui a entraîné la mort de civils et des scènes effroyables de pillage », appelant « à un rétablissement urgent de l’ordre ».

En pays zoulou, fief de l’ancien chef d’Etat où il est emprisonné, des premiers incidents limités avaient éclaté vendredi avec des routes bloquées et plusieurs camions incendiés. Mais en quelques jours, 27 personnes ont trouvé la mort dans la région, selon la police. A plus de 500 km de là, les violences et les pillages frénétiques se sont répandus dans la plus grande ville du pays, Johannesburg : 45 personnes sont mortes dans la province. La plupart des décès sont survenus lors de bousculades pendant des pillages de magasins et de centres commerciaux, a affirmé la police. D’autres sont aussi liés à des explosions de distributeurs automatiques de billets et à des tirs.

La police dépassée, l’armée déployée

Durement touchée par une troisième vague de Covid-19, l’Afrique du Sud, qui a atteint un chômage record à 32,6 % depuis la pandémie, a imposé de nouvelles restrictions sanitaires fin juin. Dans ce contexte, des milliers de Sud-Africains ont fait la sourde oreille aux appels au calme des autorités et continué à affluer vers les entrepôts et les magasins, remplissant chariots et coffres de voitures.

Des images sur les réseaux sociaux ont montré des foules compactes se précipitant pour récupérer un téléviseur géant, une table ou encore des conserves… La police, en sous-nombre, a rapidement été dépassée et l’armée a été déployée, avec 2.500 soldats. Au total, 1.234 personnes ont été arrêtées. Dans la soirée mardi, des messages donnant peu à peu l’étendue des destructions continuaient à affluer. « Cet après-midi, un de nos dépôts a été pillé et brûlé », a par exemple posté sur Facebook une des plus grandes brasseries du pays.

Des enfants de Jacob Zuma appellent à la violence

Si les « frustrations et la colère » ont « des racines politiques », « aucune cause ne peut justifier » ces violences, a fustigé le président Cyril Ramaphosa. Le ministre de la Police, Bheki Cele, s’est engagé à ce que la situation « ne se détériore pas davantage ». Mais pour le moment rien n’y fait.

Le parti d’opposition Democratic Alliance a par ailleurs annoncé une plainte contre plusieurs enfants de Jacob Zuma, qui ont multiplié ces derniers jours les appels à la violence. L’ancien président a été condamné à 15 mois de prison ferme après avoir, à plusieurs reprises, refusé de témoigner dans le cadre d’enquêtes sur la corruption d’Etat pendant son mandat (2009-2018).