Les ONG expulsées appellent à l'aide pour le Darfour

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Les humanitaires s'alarment après la décision du président soudanais d'expulser du Darfour dix ONG. « Nous sommes inquiets. Qu'est-ce qui va se passer quand on sera partis ? s'interroge la porte-parole d'Action contre la faim. L'aide de ces ONG représente 60 à 80 % de l'aide humanitaire au Darfour », précise-t-elle. La décision d'Omar el- Béchir, en riposte au mandat d'arrêt lancé mercredi contre lui par la Cour pénale internationale (CPI), menace l'acheminement d'une aide vitale pour des centaines de milliers de personnes.

La décision de la CPI les aurait-elle mis en péril ? « A court terme, il y a toujours des soubresauts, du chaos. On assiste à un bras de fer entre les autorités soudanaises et la communauté internationale. Nous ne sommes pas surpris. Mais ce n'est pas parce qu'il y a du chantage qu'il faut renoncer à la justice », estime Simon Foreman, membre d'Amnesty international et président de la Coalition française pour la CPI. Patrick Baudouin, président d'honneur de la Fédération internationale des droits de l'homme, appelle lui aussi à « ne pas céder au chantage » de Khartoum et table sur l'affaiblissement progressif de Béchir. « Il n'est pas exclu qu'il soit lâché dans les semaines ou les mois à venir, assure-t-il. Une fois passé l'orage, il faut que la communauté internationale exige le retour des ONG. » ■ Faustine Vincent