Soudan: «Le temps d’Omar el-Béchir est révolu»

INTERVIEW Hassan Salim, réfugié du Darfour, est représentant de l'association de la communauté four en France...

Propos recueillis par Faustine Vincent

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Le président soudanais Omar el-Béchir a répliqué jeudi au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) en expulsant des ONG internationales du Darfour, menaçant l'acheminement d'une aide humanitaire vitale pour des centaines de milliers de civils.
Le président soudanais Omar el-Béchir a répliqué jeudi au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) en expulsant des ONG internationales du Darfour, menaçant l'acheminement d'une aide humanitaire vitale pour des centaines de milliers de civils. — Khaled Desouki AFP
Comment réagissez-vous à la décision de la Cour pénale internationale de lancer un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir?
Je suis très content. Mais cette décision ne suffit pas. Maintenant, on espère qu’il sera arrêté et jugé. Et pas seulement lui, mais tous ceux qui ont commis les crimes au Darfour.

Omar el-Béchir a rejeté catégoriquement la décision de la CPI…
Ce n’est pas surprenant, mais cela ne change rien. Slobodan Milosevic et Charles Taylor ne reconnaissaient pas non plus la CPI ni aucune loi, mais ce ne sont pas eux qui décident. Beaucoup de gens pensent que Béchir ne viendra pas devant la CPI répondre de ses crimes. Mais personne ne pensait non plus que la CPI existerait un jour. Tout comme ceux qui ont commis des crimes ne pensaient pas être arrêtés un jour… Béchir sera jugé, j’en ai la conviction.

Les ONG, sommées de quitter le Darfour, s’inquiètent du sort des populations. Khartoum ne risque-t-il pas de s’en prendre à elles en représailles?
Non. A mon avis, le gouvernement ne s’en prendra pas aux populations. Ils sont pragmatiques. Ils savent que cela ne les servirait pas.Tant qu’il y a un mandat contre le président, il n’y aura pas de nouvelles exactions. De plus, dans quelques mois, il y aura une nouvelle élection présidentielle. Le temps de Béchir est révolu, il ne peut plus continuer. Les gens qui l’entourent vont le lâcher.