Soudan: Omar el-Béchir manifeste... pour lui-même

DARFOUR Le président soudanais est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale depuis mercredi midi...

Avec agence

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Sudanese President Omar al-Beshir attends a mass demonstration in Khartoum on March 5, 2009, in protest at the international arrest warrant issued against him for alleged war crimes in Darfur. Beshir, the first sitting head of state to be issued a warrant, dismissed the warrant and told the thousands of protestors that Western leaders were the real criminals. AFP PHOTO/ASHRAF SHAZLY
Sudanese President Omar al-Beshir attends a mass demonstration in Khartoum on March 5, 2009, in protest at the international arrest warrant issued against him for alleged war crimes in Darfur. Beshir, the first sitting head of state to be issued a warrant, dismissed the warrant and told the thousands of protestors that Western leaders were the real criminals. AFP PHOTO/ASHRAF SHAZLY — AFP / ASHRAF SHAZLY

Il n'a pu résister à l'envie de se joindre aux milliers de manifestants qui défilent pour lui ce jeudi matin dans le centre de Khartoum. Omar el-Béchir, devenu mercredi l'ennemi public numéro 1 de la communauté internationale, s'est donc joint à une grande manifestation de soutien à sa cause. Plus de 5.000 personnes se sont rassemblées sur la place des Martyrs dans le centre-ville de Khartoum, chantant leur appui au président pour le deuxième jour consécutif.

Béchir ne manifeste pas contre le service minimum mais contre la décision de la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt à son encontre. Les manifestants conspuent eux les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les «juifs» ainsi que le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, ennemi juré de Khartoum. «Ocampo et les juifs, nous avons été entraînés pour faire face à des gens comme vous», scandait la foule.

«Complot 100% sioniste» (Béchir)

La CPI a délivré mercredi un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à un conflit complexe à l'origine de 300.000 morts selon l'ONU. Khartoum chiffre à 10.000 le nombre de décès liés aux combats.

Le président Omar el-Béchir a répété à plusieurs reprises au cours des derniers mois que la CPI résultait d'un «complot 100% sioniste» visant à déstabiliser le Soudan.

Les Etats africains «doivent quitter la CPI»

Le chef de la délégation soudanaise auprès de l'Union africaine a demandé jeudi aux Etats africains de quitter la Cour pénale internationale (CPI), au cours d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation continentale à Addis Abeba. Il a également demandé au Conseil «de publier une décision claire et de rejeter dans les termes les plus forts la décision de la CPI». Il a appelé de ses voeux l'organisation d'un sommet d'urgence sur cette question au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA.

De son côté, l'Union africaine va demander au Conseil de sécurité de l'ONU d'«interrompre» la procédure engagée par la CPI.