Haïti : Le président Jovenel Moïse a été assassiné par un commando, annonce le Premier ministre

ASSASSINAT C'est le Premier ministre d'Haïti qui a annoncé la nouvelle ce mercredi matin

R. G.-V. avec AFP
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Haïti sous tension après l'assassinat de son président — 20 Minutes

Le président haïtien, Jovenel Moïse, a été assassiné tôt ce mercredi chez lui par un commando formé d’éléments étrangers, a annoncé le Premier ministre sortant, Claude Joseph. L’épouse du président a été blessée dans l’attaque et hospitalisée, a précisé ce dernier. Il a appelé la population au calme et a indiqué que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre.

« Le président a été assassiné chez lui par des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol. Ils ont attaqué la résidence du président de la République », a déclaré Claude Joseph. « La situation sécuritaire est sous contrôle », a-t-il assuré. Venu du monde des affaires, Jovenel Moïse, 53 ans, avait été élu président en 2016 et avait pris ses fonctions le 7 février 2017.

Etat de siège

Le Premier ministre a déclaré ce mercredi l'«état de siège» octroyant des pouvoirs renforcés à l'exécutif. «Dans la stricte application de l’article 149 de la Constitution, je viens de présider un conseil des ministres extraordinaire et nous avons décidé de déclarer l'état de siège sur tout le pays», a-t-il décrété lors d'un discours en créole, diffusé sur les réseaux sociaux, assurant que cette mort «ne resterait pas impunie». 

Claude Joseph a promis que «les auteurs, les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu’ils ont fait devant la justice». «Ce sont la démocratie et la République qui doivent gagner. Les forces obscures vont perdre», a-t-il martelé.  

Le président était accusé d’inaction face à la crise

Haïti, pays des Caraïbes et nation la plus pauvre du continent américain, est gangrené par l’insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d’une quasi-impunité. Une situation qui valait à Jovenel Moïse, accusé d’inaction face à la crise, d’être confronté à une vive défiance d’une bonne partie de la société civile.

Dans ce contexte faisant redouter un basculement vers l’anarchie généralisée, le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et l’Europe appelaient à la tenue d’élections législatives et présidentielle libres et transparentes, d’ici la fin 2021. Jovenel Moïse avait annoncé lundi la nomination d’un nouveau Premier ministre, Ariel Henry, avec justement pour mission la tenue d’élections.